Auteur : Annette Sell

Wolfgang NEUSER & Steffen LANGE (Hrsg.), Natur zwischen Logik und Geschichte. Beiträge zu Hegels Naturphilosophie, Würzburg, Königshausen & Neumann, 2016, 276 p.

Quand il est question de la nature dans la philosophie de Hegel et quand il s’agit de déterminer le lieu de la nature dans le système hégélien, la préposition « entre » s’impose immédiatement. La nature se trouve en effet « entre » la logique et ce qu’on appelle la philosophie de l’esprit. Dans le présent ouvrage, la nature est située « entre » la logique et l’histoire, l’histoire étant à comprendre avant tout dans le sens de positions théoriques relevant de la philosophie de l’histoire, de la philosophie de la nature et de la science. Treize spécialistes de Hegel, hommes et femmes, se confrontent à l’exigence de penser cet entre-deux à partir des centres de gravité de leurs recherches respectives. R. Wahsner se consacre au thème de la nature, qui chez Hegel apparaît dans sa globalité comme un organisme vivant. À ce sujet, elle problématise le rapport de la philosophie de la nature de Hegel et des sciences de la nature. W. Lenski considère la nature sous l’aspect de la nécessité et de la contingence et montre les différences entre les versions logiques et les versions naturelles de ces concepts. Il s’agit aussi de logique dans l’intervention de K.J. Schmidt, qui se concentre sur la pensée de la logique comme forme absolue. D. Wandschneider se saisit, une nouvelle fois, du thème difficile et multiplement discuté de l’extériorisation de l’Idée comme nature à la fin de la Science de la logique. La logique est également le point de départ de la contribution de P. Stekeler-Weithofer, qui présente de manière claire et intelligible le concept hégélien de nature. Il montre que la nature, chez Hegel, est toujours l’Idée de la nature, Hegel déclarant que « la nature comme Idée ou comme réalisation complète des processus de l’être se produit comme l’objet d’un savoir générique » (88). E. Barbagallo dirige son attention sur la temporalité et l’historicité dans la pensée hégélienne. L’essai de Lu de Vos porte à nouveau sur la logique, qui présente le concept et l’Idée de la nature dans leur signification spéculative. Dans un panorama d’histoire de la philosophie, W. Neuser expose le concept de nature depuis l’Antiquité jusqu’à l’époque moderne. Le texte de M. Wetzel est une comparaison des approches de Dieter Wandschneider et de Carl Friedrich von Weizsäcker. S. Achella montre l’unité systématique de la pensée et de la vie. Quand P. Heuer se confronte avec la thèse de Wofgang Neuser sur le « détachement du savoir du sujet » dans la société scientifique, il reprend une discussion actuelle. S. Lange propose quant à lui un rapprochement historico-philosophique de Schelling et Oken, ce qui aboutit à une nouvelle théorie de l’organisme. D. von Engelhardt fournit un aperçu intéressant et érudit sur la « folie » de Hölderlin et la met en relation avec la théorie hégélienne de la nature et de l’esprit. Dans la mesure où l’ouvrage fut élaboré dans le contexte d’une session du « cercle international d’étude de la philosophie de la nature de Hegel », il se conclut par un bilan dressé par W. Neuser des trente années de travail de cette association.

L’ouvrage forme un pot-pourri d’orientations dans la recherche. Il est à cet égard un reflet de la philosophie hégélienne elle-même qui, par la multiplicité des prolongements qu’elle autorise, joue aussi un rôle important dans le discours philosophique contemporain.

Annette SELL (Hegel-Archiv, Bochum) (trad. G. M.)

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Pour citer cet article : Annette SELL, « Wolfgang NEUSER & Steffen LANGE (Hrsg.), Natur zwischen Logik und Geschichte. Beiträge zu Hegels Naturphilosophie, Würzburg, Königshausen & Neumann, 2016 » in Bulletin de littérature hégélienne XXVII, Archives de Philosophie, tome 80/4, Octobre-décembre 2017, p. 773-802.