Auteur : Dan Arbib

SCHWARTZ, Claire, Malebranche, Paris, Les Belles Lettres, coll. « Figures du savoir », Paris, 2015, 216 p.

Cet ouvrage se propose d’introduire à la philosophie de Malebranche d’une manière à la fois didactique, pédagogique et complète. On n’y cherchera donc pas de thèse propre à l’A. ni un renouveau dans l’information ou l’interprétation de l’oratorien, mais des mises au point fort utiles sur les grandes thèses et les grands concepts de Malebranche. L’ouvrage se divise en trois parties principales. La première (« Corps et âme », p. 25-70) présente le dualisme et la thèse occasionnaliste ; la seconde (« Présence immédiate de Dieu », p. 71-124) expose la double union et la théorie de la vision en Dieu ; la troisième (« L’homme libre et l’Ordre », p. 125-154) s’intéresse enfin aux questions de morale, avec d’intéressantes pages sur l’ordre social (p. 154 sqq.). À ces trois parties, il faut ajouter trois très précieux appendices : la quatrième partie, portant sur « L’actualité de Malebranche » (p. 163-176), résume à gros traits mais avec justesse le poids de Malebranche dans l’histoire de la philosophie (d’abord les réserves de l’immédiate postérité, puis la permanence de thèses et de problèmes qui, depuis Kant puis Comte, définissent l’approche positive de la nature), reprenant sur ce point le dossier ancien monté par F. Alquié) ; un « Glossaire » des principales notions et thèses, malebranchistes ou non malebranchistes, appelées par un astérisque dans le corps du texte – on y trouvera par exemple une entrée « Jugement naturel », une entrée « Preuve cartésienne de l’existence de Dieu par l’idée d’infini » ou une entrée « Substance » ; enfin le chapitre de « Notices biographiques », comprenant les principaux personnages ou écoles philosophiques évoqués, également affectés d’astérisques dans le corps du texte (on y trouvera par exemple, « Oratoire », « Platoniciens de Cambridge »). L’ouvrage se complète heureusement d’un index nominum et d’un index rerum. On le voit, tout est fait pour que le novice en malebranchisme s’y retrouve au mieux, et force est de constater qu’il y parvient. On regrettera seulement, en dépit de quelques formules floues ou contestables (« Bérulle pense au contraire que les écrits de Descartes peuvent soutenir la foi », p. 27), que les renvois au corpus malebranchiste ne soient pas plus nombreux. Mais en dehors de ces deux réserves mineures, on doit reconnaître à cet ouvrage une clarté, un certain sens de la nuance et le mérite d’affronter avec simplicité et méthode les grandes difficultés attachées aux principales thèses malebranchistes (cf. les deux explications du péché originel, p. 73 sqq., ou les tensions que révèle le concept d’étendue intelligible, p. 113 sqq.). On n’hésitera donc pas à conseiller cet ouvrage, tout comme celui de D. Moreau (Malebranche. Une philosophie de l’expérience, Paris, 2004, cf. BC XXXV, 2.2.2.) ou l’ancien mais toujours recommandable petit viatique de F. Alquié (Malebranche, Paris, 1977), à qui voudra s’initier à Malebranche.

Dan ARBIB

Retrouver ce compte rendu et l’ensemble du Bulletin cartésien XLVI chez notre partenaire Cairn

Pour citer cet article : Dan ARBIB, « SCHWARTZ, Claire, Malebranche, Paris, Les Belles Lettres, coll. « Figures du savoir », Paris, 2015, 216 p. » in Bulletin cartésien XLVI, Archives de Philosophie, tome 80/1, Janvier-mars 2017, p. 147-224.

♦♦♦


Du même auteur :