Auteur : Jacob Schmutz

PAGANINI, Gianni, « Sanches et Descartes. Subjectivité et connaissance réflexive au temps des sceptiques », Bulletin de la Société internationale des amis de Montaigne, 64/2, 2016, p. 173-185.

L’A. revisite ici le champ mille fois labouré depuis P.-D. Huet des rapports entre le scepticisme du médecin toulousain Francisco Sanches (1550-1623) et la démarche cognitive de D. dans la construction d’un concept moderne de subjectivité, fondé sur la réflexivité de celui qui connaît. Il s’attaque à la lecture traditionnelle, incarnée notamment par les remarques d’É. Gilson dans son édition du Discours de la méthode, qui imputait le scepticisme des auteurs de la Renaissance à leur « empirisme foncier », mais l’on regrette qu’il ne prenne pas en considération d’autres titres dans l’immense historiographie sanchesienne. Il s’emploie également à souligner les nombreuses similitudes entre la démarche de Sanches et celle de D., tant au niveau de la forme et du style d’écriture (prenant au sérieux le caractère autobiographique qui permet d’établir le caractère personnel de l’expérience sceptique) qu’au niveau proprement doctrinal. Il rappelle en particulier comment Sanches se serait attaqué à « l’interdit scolastique de l’introspection », étant donné que la tradition aristotélicienne n’admettait de connaissance que médiatisée par l’abstraction des espèces (ce qui est loin d’être certain). Il souligne la ressemblance des textes de Sanches et D. sur la certitude des actes internes, concluant donc que « Sanches demeure, avant Montaigne, l’un des pères de la subjectivité sceptique moderne, et avant Descartes un ancêtre de la subjectivité philosophique tout court » (p. 179).

Jacob SCHMUTZ

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Pour citer cet article : Jacob SCHMUTZ, « PAGANINI, Gianni, « Sanches et Descartes. Subjectivité et connaissance réflexive au temps des sceptiques », Bulletin de la Société internationale des amis de Montaigne, 64/2, 2016, p. 173-185. » in Bulletin cartésien XLVII, Archives de Philosophie, tome 81/1, Janvier-mars 2018, p. 171-223.

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COLUCCIA, Ilaria, « Descartes et la scolastique sur la fausseté matérielle : perspectives sur les études récentes », Journal of Early-Modern Studies, 5/2, automne 2016, p. 145-160.

Petit article de synthèse bibliographique sur la notion de fausseté matérielle, qui apparaît dans la Meditatio III avant de jouer un rôle important dans l’échange des objections et des réponses entre D. et Arnauld. L’A. montre qu’un grand nombre de chercheurs des quarante dernières années ont cherché à résoudre les difficultés du texte cartésien par une étude approfondie de la notion de fausseté matérielle dans la scolastique. Elle propose à ce titre un résumé des principales contributions, à commencer par les travaux du regretté N. J. Wells (1984, puis sa révision en 2008), puis des travaux plus récents d’E. Scribano (2001), D. Behan (2008), C. Wee (2006) et D. Clemenson (2007). L’article rappelle les principaux textes-sources bien connus (Suárez, les Conimbricenses) mais n’en ajoute pas d’autres, et rappelle qu’une bonne étude des définitions scolastiques permettrait d’éviter cet « inébranlable anachronisme » (p. 157) qui caractériserait nombre d’études cartésiennes.

Jacob SCHMUTZ

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Pour citer cet article : Jacob SCHMUTZ, « COLUCCIA, Ilaria, « Descartes et la scolastique sur la fausseté matérielle : perspectives sur les études récentes », Journal of Early-Modern Studies, 5/2, automne 2016, p. 145-160. » in Bulletin cartésien XLVII, Archives de Philosophie, tome 81/1, Janvier-mars 2018, p. 171-223.

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