Résumé :
L’épistémologie d’Émile Meyerson vise à expliquer le réalisme spontané des physiciens en termes anthropologiques. À cette fin, le philosophe met à contribution les ressources des sciences humaines naissantes. Cependant, nous montrons qu’une telle philosophie des sciences y gagnerait à considérer d’autres aspects de l’expérience psychologique et sociale. Eugène Minkowski Arnaud Dandieu et Jacques Lacan – qui se réclament tous des travaux de Meyerson – nous permettent de percevoir une dimension insoupçonnée du principe épistémologique d’identité, car l’identification des objets, décrite avec tant de précision par Meyerson, est toujours compliquée par l’identification du sujet de la science avec d’autres sujets au sein d’une culture donnée.


Abstract :
Emile Meyerson’s epistemology aims at explaining the spontaneous physicists’ realism in anthropological terms. Consequently, the philosopher uses the resources of the newly born human sciences. Yet, we argue that such a philosophy of sciences would gain at considering other aspects of social and psychological experience. Eugène Minkowski, Arnaud Dandieu et Jacques Lacan – all indebted with Meyerson’s work – enable us to perceive an unseen dimension of the epistemological principle of identity : for the identification of objects, so precisely described by Meyerson, is always complicated by the identification of the subject of science with other subjects inside a peculiar culture.