Résumé :
La critique phénoménologique de la métaphysique a opposé « l’intuition » à la « représentation », et le débat philosophique contemporain une phénoménologie « minimaliste » à une phénoménologie « maximaliste ». Face à ces alternatives, l’approfondissement weilien de l’expérience n’oppose ni la présence et l’absence, ni le fini et l’absolu, mais cherche à éprouver et penser le lien qui les unit, à partir de la structure trinitaire du don de l’être. À distance d’une médiation extériorisante comme d’une immanence pure, le processus de révélation n’est jamais négateur du mystère, mais en manifeste au contraire la profondeur. Ainsi, depuis la perception jusqu'à l’amour surnaturel, « évidence » et « mystère » vont toujours de pair, ce qui permet de ne rejeter aucun des niveaux de l’être et de l’expérience.
Abstract :
The phenomenological critique of metaphysics opposed intuition and representation as contemporary debates in philosophy opposed minimalist and maximalist phenomenologies. Confronted with these alternatives the Weilean thought of experience neither opposes presence and absence, nor finite and absolute, but it tries to verify and think what unites them - based on the Trinitarian structure of the giving of being. Standing apart from exteriorizing mediation as from pure immanence, the revelation process never makes ineffective the mystery but expresses its depth. Thus, from perception to supernatural love, ‘obviousness’ and ‘mystery’ go together, which allows not to reject any levels of being and experience.