Auteur : Griselda Gaiada

Roberto CASALES GARCÍA y J. Martin CASTRO MANZANO (dir.), La modernidad en perspectiva. A trescientos años del fallecimiento de Leibniz, Grenade, Comares, 2017, 215 p.

Ce livre est un recueil de dix-huit articles portant sur des sujets divers, qui ne sont pas tous consacrés à la pensée de Leibniz. Les textes sont groupés en six sections thématiques : Épistémologie, Métaphysique, Théodicée, Éthique, Philosophie du langage et Philosophie de la culture. Même si l’on y trouve des contributions qui méritent de retenir l’attention du lecteur, des différences de qualité, parfois importantes, sont indéniables. Cette recension ne traitera que de certains articles, en suivant un ordre qui est celui de la table des matières.

Dans son article « La vía leibniziana hacia la historicidad de la razón », Juan A. Nicolás se demande si Leibniz a contribué à la constitution d’une rationalité qui serait historique, c’est-à-dire si l’œuvre leibnizienne recèle un modèle de « Raison historique ». Pour ce faire, Nicolás distingue le travail de Leibniz en tant qu’historien des réflexions philosophiques dans lesquelles on pourrait trouver une philosophie de l’histoire. Si par celle-ci on entend une philosophie qui fait du « progrès immanent » la loi du devenir historique, telle qu’elle aurait été développée par les Lumières, alors il est impossible d’attribuer ce projet à Leibniz. Cependant, l’auteur estime qu’on peut trouver chez Leibniz « des principes qui régissent la structure rationnelle du devenir du réel » (p. 8). Parmi ces principes, il s’attarde surtout sur le principe de continuité, celui-ci étant un principe architectonique de la rationalité et, partant, susceptible de s’appliquer à la connaissance historique : (1) la généalogie, cette science auxiliaire de l’histoire, serait un exemple d’application du principe de continuité, dans la mesure où elle permettrait à la limite, par le développement des connaissances, d’établir la ligne continue d’une famille ; (2) l’approche asymptotique des vérités factuelles du passé, sans arriver à leur connaissance parfaite, serait une autre application, sur le plan épistémologique, du principe de continuité à l’Histoire ; (3) la compréhension de l’Histoire en fonction de certains rapports entre les faits (« rapports finalistes, réactifs, conséquentialistes, progressifs, etc. », p. 13) mobiliserait également la notion de continuité. L’auteur conclut donc que son hypothèse est vraisemblable, qui veut que les principes pensés par Leibniz comme structurant la rationalité, dès lors qu’ils régissent aussi le devenir de la réalité, placent le philosophe dans la voie d’une rationalité historique.

Paul Rateau, dans son texte « La noción problemática del mal metafísico », traite de la question du mal métaphysique. Il présente d’abord la célèbre distinction scolastique entre négation et privation, négligée par Leibniz au bénéfice du concept de privation, lequel prévaut même dans sa définition du mal métaphysique. Puis il s’attache à suivre la manière dont Leibniz est arrivé à l’expression « mal métaphysique ». Celle-ci se trouve pourtant déjà chez le bénédictin José Sáenz de Aguirre, que Leibniz n’aurait apparemment pas connu. Même si ce choix terminologique reste difficile selon lui à éclaircir, Rateau présente les problèmes que soulève l’utilisation de cette expression, particulièrement en raison de sa polysémie : par sa définition ontologique, applicable à tout être créé, le mal métaphysique semble incapable de rendre compte des péchés et des souffrances d’ordre moral ; par sa désignation comme mal, il semble impropre en contexte métaphysique en raison de la confusion qu’il introduit entre négation et privation. Malgré cela, Rateau observe que Leibniz est resté attaché à cette expression, alors même qu’il en fait très peu usage dans ses textes (p. 103).

Dans « Mejorando el mejor de los mundos posibles : ética y política en Leibniz », Concha Roldán réalise une synthèse qui éclaire la pensée éthique et politique de Leibniz par la situation historique de l’Europe après la Paix de Westphalie (1648). Après une contextualisation historique, l’auteure procède en deux temps. En premier lieu, elle présente le fondement métaphysique de l’éthique et de la politique leibniziennes. Comme la justice est commune à tous les êtres raisonnables, il existe un « droit éternel » qui règle les rapports entre tous les membres de la cité de Dieu. Éthique et politique étant les deux faces d’une même pièce, il revient aux hommes politiques de conformer le droit positif aux principes établis par le droit naturel. C’est la façon d’atteindre le bien commun, mais aussi, pour Roldán, d’avancer vers « l’établissement du meilleur des mondes possibles sur la Terre » (p. 121). En second lieu, elle montre que, pour y parvenir, Leibniz a estimé nécessaire que des « personnes éclairées et de bonne intention » – en particulier les souverains, les philosophes et les hommes de science – contribuent au progrès moral du monde. Dans ce but, Leibniz lui-même s’est engagé dans différents projets, comme la réunion des confessions chrétiennes divisées par la Réforme, le projet confédéral consistant à former une ligue de principautés germaniques relevant de l’Empereur ou la création d’académies des Sciences. Roldán estime ainsi que la philosophie leibnizienne vérifie l’adage « theoria cum praxi ».

Dans « Identidad práctica y autorreferencialidad : elementos clave para reconstruir una teoría leibniziana de la acción », Roberto Casales s’efforce d’articuler les réflexions monadologiques de Leibniz avec la constitution d’une identité morale sur le plan de l’action humaine. Cette « identité pratique » est définie, selon lui, à partir du concept d’intentionnalité de l’action, compris comme la « capacité du sujet à s’attribuer à soi-même la causalité de ses actes » (p. 145). L’intentionnalité proviendrait ainsi de l’activité réflexive des esprits à chaque fois qu’ils prennent pour objet leurs propres actions. La spontanéité, attribuable à toute substance, devrait donc se manifester, quant aux êtres raisonnables, par l’empire de la raison sur les actions qui revêtent un caractère moral. En guise de conclusion, Casales affirme que la capacité de « reconstruire sa propre identité pratique » relève de cet auto-gouvernement moral (p. 150).

L’article de F. J. Iracheta Fernández, intitulé « Las bases populares modernas del pragmatismo contemporáneo (o la constitución de una Ilustración rival) », a pour but de critiquer la place prépondérante accordée, dans l’histoire de la philosophie moderne, à une certaine tradition philosophique. En suivant les réflexions de R. Rorty, Iracheta oppose la « philosophie allemande des Lumières », qui aurait commencé avec Leibniz et Wolff et se poursuivrait avec Kant et l’idéalisme postkantien, à une « philosophie des Lumières anti-métaphysique », dans laquelle se retrouveraient les « philosophes populaires », tels Christian Garve, Moses Mendelssohn et Johann August Eberhard. La première serait fondée sur la métaphysique à partir de l’opposition entre l’entendement divin et l’entendement humain : il s’agirait d’« une entreprise centrée sur l’auto-purification de l’entendement humain » (p. 183), dont la raison pure fournirait le modèle. Sur le plan moral, cela se traduirait – et l’on s’étonne que l’auteur estime que cela vaut pour l’ensemble de cette tradition – par une distinction entre une raison pratique dont le principe de législation n’est pas représenté en tant qu’impératif et une autre dont ce principe exige une formulation dans les termes d’un impératif. Cette philosophie introduirait un « ethos métaphysique » (p. 184), face auquel la philosophie des Lumières anti-métaphysique proposerait une alternative. Cette dernière aurait façonné une « philosophie civique » défendant la tolérance religieuse (p. 185) et proposant la construction d’une citoyenneté – comme si ces deux dimensions étaient absentes chez Leibniz ou chez Kant (!). Elle aurait posé les fondements du modèle du « philosophe civique » proposé par Rorty, lequel devrait être un « essayiste ou un homme de lettres engagé » (p. 188).

Griselda GAIADA

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Pour citer cet article : Griselda GAIADA, « Roberto CASALES GARCÍA y J. Martin CASTRO MANZANO (dir.), La modernidad en perspectiva. A trescientos años del fallecimiento de Leibniz, Grenade, Comares, 2017 » in Bulletin leibnizien IV, Archives de Philosophie, tome 81/3, Juillet-septembre 2018, p. 563-639.

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J. A. NICOLÁS, M. SÁNCHEZ, L. HERRERA, M. HIGUERAS, M. PALOMO, J. M. DELGADO (éd.), La Monadología de Leibniz a debate, Grenade, Comares, 2016, 338 p.

Les contributions recueillies dans ce volume, plus d’une trentaine, sont issues du Deuxième Congrès ibéro-américain Leibniz : 300 ans de la Monadologie, tenu à Grenade en 2014. Les textes sont consacrés aux aspects les plus divers de la pensée de Leibniz. L’ouvrage est organisé en quatre parties thématiques qui témoignent à la fois de la richesse des réflexions de Leibniz et de la multiplicité des perspectives adoptées par ses interprètes. En général, les textes manifestent une connaissance précise de l’œuvre leibnizienne et constituent des apports originaux au traitement de certains problèmes. Mais, comme c’est habituellement le cas pour les ouvrages collectifs, on observe une certaine disparité entre les contributions. Malgré cela, ce livre est un texte de référence pour tous ceux qui s’intéressent à la Monadologie, et plus encore à la recherche leibnizienne en général et à ses rapports avec la réflexion contemporaine. Dans cette présentation, qui ne saurait être exhaustive, on essaiera de donner un aperçu de la variété des sujets traités.

Première Partie : La rationalité logico-mathématique. La « connaissance symbolique » est celle à laquelle nous arrivons par l’usage de différents types de signes. Face à la « connaissance intuitive » très rare chez nous, Leibniz a parlé à maintes reprises de la « connaissance suppositive », de la « cogitatio caeca », de la « notio caeca », du « conceptus symbolicus », parmi d’autres expressions équivalentes, afin de souligner que l’entendement humain a très souvent recours à des systèmes de signes pour accéder aux objets de la connaissance et à leurs rapports. Les langages naturels étant susceptibles de nous conduire à l’erreur, il a cherché à développer une caractéristique générale qui trouve son origine dans la généralisation des méthodes de représentation algébrique : elle représente donc une science supérieure et plus compréhensive que l’algèbre même, une « science des formes », capable de recevoir différentes interprétations. Comme le montre E. Knobloch dans son article « Leibniz’s Conception of a General Characteristic Art or Combinatorial Art: Leibnizian Exemples », l’algèbre symbolique a constitué un exemple privilégié pour Leibniz. Il expose les critiques adressées par celui-ci à Tschirnhaus (1678), qui renversait le rapport entre l’une et l’autre, pour évoquer ensuite les exemples leibniziens de fonctions symétriques et de systèmes d’équations linéaires (théorie des déterminants).

La caractéristique arithmétique, c’est-à-dire l’arithmétisation des concepts (1679), constitue une autre instanciation de la caractéristique générale. Dans « Leibniz’s Calculemus! in action », V. Sotirov présente ce projet consistant à attribuer aux concepts primitifs des nombres premiers, de sorte que les concepts composés résultent de leur produit. La resolutio d’un terme composé devrait donc permettre sa factorisation pour arriver aux termes composants. Cependant ce calcul a produit des difficultés, comme le montre Sotirov, notamment en ce qui concerne l’expression des propositions en termes d’équations numériques, particulièrement lorsqu’elles sont quantifiées. La caractéristique géométrique, en tant que calcul des positions, est une autre application particulière de la caractéristique générale. Dans son article « Leibniz y los elementos de Euclides », J. A. Molina expose les critiques qu’au cours des XVIe et XVIIe siècles ont reçues les Eléments en tant que paradigme axiomatique pour la géométrie, particulièrement celles de Leibniz dans le cadre de son Calculus situs : (1) il n’y a pas d’axiomes proprement géométriques, seules les propositions identiques peuvent jouer ce rôle ; (2) le calcul doit permettre de s’émanciper de l’usage des figures ; (3) les objets géométriques doivent se redéfinir à partir d’entités plus abstraites (p. 68). En outre, Leibniz a considéré que sa caractéristique géométrique était supérieure à la géométrie analytique de Descartes, où le calcul était plutôt numérique que géométrique, puisque les positions étaient représentées indirectement par des lettres renvoyant d’abord aux grandeurs. Les limitations de la géométrie cartésienne, à savoir que tout problème ne pouvait pas se réduire à des équations algébriques, ont conduit Leibniz à l’étude des courbes transcendantes, comme le montre M. Serfati dans « Leibniz y la invención de la trascendencia matemática ». Cette partie se conclut par différents articles concernant l’expression et la perspective (R. Pérez Martínez), les contributions de Leibniz à l’histoire naturelle (X. Liu), et le labyrinthe du continu (H. Delgado Fernández).

Deuxième Partie : Épistémologie, science et principes. Comme le suggère H. Schepers dans son article « La mónada que se constituye a sí misma y a su mundo », la métaphysique leibnizienne reste finalement très peu connue. En effet, l’existence de Leibniz fut pour ainsi dire tragique (p. 91) : il a été contraint de cacher ses réflexions métaphysiques à ses contemporains, non seulement en raison du risque d’être incompris ou condamné par Rome, mais aussi afin de préserver son projet de science générale. On peut douter de la possibilité de concevoir Dieu comme un principe d’émanation, auquel l’entendement et la volonté ne conviendraient qu’équivoquement, et dont surgit la « production maximale de possibles ». Il n’y a pas de possibilité qui n’ait son origine dans la Raison divine. C’est pourquoi, comme le montre Schepers, la distinction entre sub ratione generalitatis, applicable à des concepts généraux et leurs formes, et sub ratione possibilitatis, applicable à la description complète des individus, devient centrale dans l’explication de l’origine des existences. Comme si les Formes simples étaient, pour ainsi dire, « antérieures » aux individus possibles, Dieu voit comment les monades se constituent ou se développent librement dans son entendement. Dieu est la cause dont émanent toutes les créatures ; celles-ci le sont des phénomènes qui en émanent, tout cela s’expliquant en termes de fulgurations divines (p. 91).

Les réflexions monadologiques de Leibniz, on le sait, peuvent être abordées de plusieurs points de vue : l’expression (S. Araujo), le rapport entre l’unité et la diversité, le pluralisme substantiel face au monisme spinoziste (E. Velázquez), le rôle joué par le principe de raison suffisante (A. Lalanne), le processus naturel par lequel l’âme sensitive arrive à la raison (M. S. Mora Charles), la liberté attribuable aux âmes raisonnables (A. M. Ojeda). Dans son article « La monadología como fundamento de la ciencia moderna », I. Murillo aborde la question du statut de la monadologie au sein de la connaissance humaine. Puisqu’il est impossible d’arriver par induction aux hypothèses métaphysiques, il remarque qu’une opération spéculative est requise pour parvenir au niveau monadologique. Cependant, la monadologie, loin d’être une « métathéorie épistémologique » qui aurait pour objet l’ensemble des théories scientifiques, s’avère être une « théorie sur la réalité, de même que la physique » (p. 98). C’est ainsi que l’on comprend que les monades sont le fondement des phénomènes physiques, quoique leur réalité métaphysique ne soit pas l’objet de lois mécaniques ou physiques. Leur position ou « situs » ontologique dans la hiérarchie monadologique n’implique donc point qu’elles soient « spatiales ». À cet égard, dans « El espacio de las mónadas, la monadología del espacio », L. Ruiz Gómez rappelle les critiques que Hartz et Cover ont opposées à l’« Ubiety Argument » des monades pour montrer que, face à l’impossibilité d’hypostasier l’espace, toute prétendue réhabilitation de cet argument est erronée (p. 140). Pour sa part, dans son étude « Leibniz’s Theory of Abstract Motion as a prerequisite of the Monadology », D. Suisky traite des rapports conceptuels entre Leibniz et Newton, ainsi que des oscillations du premier dans sa conception du mouvement et de l’espace : d’abord, et quatorze ans avant Newton, il décrit le mouvement en termes d’espace absolu et de mouvement absolu (1671) ; puis un tournant s’opère en faveur d’une théorie relationnelle de l’espace et du mouvement (1677) ; finalement, avec la publication des Principia de Newton (1687), et sans abandonner sa conception relationnelle de l’espace, il s’emploie à améliorer la version des formes substantielles dont il s’était servi depuis 1678-1680 (p. 159). Concernant l’explication du mouvement relatif, deux concepts s’avèrent centraux chez Leibniz : la « situation », comprise comme une configuration des corps, et la « position », en tant que rapport entre le corps et l’espace (p. 158).

Troisième Partie : Psychologie, langage et anthropologie. Le texte de la Monadologie constitue un objet d’étude en lui-même. Dans son article « La monadología de Leibniz para estudiantes, de Rescher », A. Herrera brosse un portrait bienveillant de Rescher, en montrant l’apport de ses contributions aux études leibniziennes. Il se demande quels sont les principes ou classes de principes présents dans la Monadologie. Rescher a fourni une réponse dans sa traduction de ce texte en anglais, mais, selon A. Herrera, il n’a pas respecté le principe d’économie en allant au-delà des principes explicitement admis par Leibniz (p. 190). Pour sa part, avec « Langage, Metaphors and Patters of Enunciation in Leibniz’s Monadology », C. Marras analyse les métaphores utilisées par Leibniz pour illustrer ses concepts philosophiques : certaines d’entre elles (le miroir, la rivière/l’eau, le point de vue, l’harmonie) ont une puissance expressive qui place le rôle cognitif de l’imagination sur un plan irréductible à la simple éloquence ou à la pure logique. Pour Marras, cet aspect, le plus souvent négligé par les commentateurs, révèle que la « praxis métaphorique » a été pour Leibniz un élément central à l’intersection entre la théorie du langage et son usage (p. 180). Dans le domaine également du langage, l’article de D. Poggi « Apperception, appercevoir, s’apercevoir de. Quelques réflexions sur l’évolution d’un terme » étudie le rôle joué par Leibniz dans l’emploi de nouveaux mots. Alors que par son ambiguïté le terme « perception » (qui peut se rapporter à la faculté, à l’acte de perception, à la conscience de cet acte, ou au contenu perceptif), empêchait la référence à la connaissance réflexive de l’état intérieur de la monade, Leibniz a estimé nécessaire de se servir du néologisme « apperception ». Selon Poggi, la distinction entre les deux termes permet de souligner la différence entre la « simple perception » et la « vie consciente » qui suppose la réflexivité (p. 223), de manière à mieux exprimer un trait distinctif des esprits dans la recherche de leur spécificité. Sur le fond d’une nature commune, la question de cette spécificité est traitée dans plusieurs articles de cette partie : du point de vue de la perception, P. Rateau soutient dans « Naturaleza y especifidad de los espíritus » que les esprits seraient capables de la plus grande progression possible, en raison de leur connaissance toujours plus grande et détaillée de l’harmonie universelle ; du point de vue de leur condition morale, la liberté constituerait la condition indispensable (le « passeport ») du règne de la grâce (C. Roldán), du point de vue de la psychologie du langage, et sans nier leur place élevée dans l’univers monadologique, le psittacisme montrerait la limitation de l’esprit humain, réflexif dans une petite partie seulement de sa vie mentale (P. Viñuela).

Quatrième Partie : La théodicée et le problème du mal. Cette dernière partie est consacrée au problème de la conciliation des attributs de Dieu avec l’existence du mal. Plusieurs perspectives y sont avancées : la place accordée à Dieu dans la Monadologie (C. Vargas) ; l’analyse de ses attributs selon le § 48 (S. Fernández García) ; la dépendance continuelle des créatures à l’égard de Dieu (A. Echavarría) ; la signification du mal métaphysique (A. Covarrubias) ; le rapport entre le meilleur monde possible et le mal (C. Bonneau), ainsi qu’une analyse de la proposition « Dieu choisit le meilleur » (M. Escobar Viré). Enfin, on pourra lire l’étude de N. et T. Kinoshita sur la reprise de Leibniz par K. Nishida, touchant le bien et le mal, la volonté opposée à la volonté, dans le cadre de son projet de marier la philosophie occidentale avec sa doctrine inspirée du bouddhisme mahāyāna et zen.

Pour conclure, on rappellera que cet ouvrage est une contribution importante aux études leibniziennes sur la Monadologie, que les interprétations que l’on y trouve ouvrent des perspectives de recherche enrichissantes et fécondes.

Griselda GAIADA

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Pour citer cet article : Griselda GAIADA, « J. A. NICOLÁS, M. SÁNCHEZ, L. HERRERA, M. HIGUERAS, M. PALOMO, J. M. DELGADO (éd.), La Monadología de Leibniz a debate, Grenade, Comares, 2016 » in Bulletin leibnizien III, Archives de Philosophie, tome 80/3, avril-juin 2017, p. 561-623.

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