Auteur : Julián Carvajal

Inmaculada HOYOS : Sobre el amor y el miedo. Tópicos antiguos y enfoques modernos, Madrid, Avarigani, 2016, 270 p.

La philosophie de Spinoza est au cœur des préoccupations d’Inmaculada Hoyos (ancien chercheur au Centre Léon Robin) dans ce livre qui lie les topiques antiques sur les affects (notamment les stoïciens) aux approches modernes des passions. Le fil conducteur de la réflexion est la distinction de Spinoza entre les passions tristes qui affaiblissent la vitalité, telles que la haine ou la crainte, et les affects joyeux qui l’enrichissent, comme l’amour. À cette distinction fondamentale s´ajoutent la question de la distinction entre affects passifs (passions) et affects actifs (actions) ainsi que les rapports des passions avec le corps. Les neuf chapitres du livre sont distribués en trois parties.

La première partie développe trois étapes-clés dans la réflexion sur l’amour et l’augmentation de la vie : l’ancien stoïcisme (Zenon de Citium, Chrysippe, Posidonius, Sénèque), le néoplatonisme de la Renaissance (Marsile Ficin, Pic de la Mirandole, Léon l’Hébreu) et Spinoza. La deuxième partie porte sur l’examen de la peur comme régime affaiblissant la vie face aux passions de l’espoir et de l’amour et en analyse les conséquences politiques. Suivant l’approche de Spinoza, l’A. fonde certaines valeurs sur les affects joyeux qui renforcent le conatus des hommes en augmentant leur puissance (c’est le cas de l’amour), et examine les implications politiques de la doctrine spinoziste des passions. Une politique s’impose, qui gère une sécurité impossible au prix de la liberté commune. Cette politique est fondée sur la peur, passion triste qui affaiblit la puissance vitale. Pour faire face à cette pathologie Spinoza encourage les hommes à la joie, tout en les incitant aux désirs liés à la raison. La philosophie de Spinoza qui vise à l’augmentation de la puissance de chacun résiste à la peur et la surmonte par la conquête de l’affect opposé : l’amour de la liberté. La troisième partie du travail analyse le rôle du corps dans la réflexion spinozienne sur l’art de vivre. I. Hoyos se demande si un tel art peut être compris à partir des prémisses théoriques de la pensée de Spinoza. Avant tout, l’art de vivre se révèle l’expression de la puissance du corps, la vertu d’affecter et d’être affecté par d’autres corps. Ainsi compris, l’art de vivre chez Spinoza est, pour l’A., une belle expression de l’amour.

Julián CARVAJAL

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Pour citer cet article : Julián CARVAJAL, « Inmaculada HOYOS : Sobre el amor y el miedo. Tópicos antiguos y enfoques modernos, Madrid, Avarigani, 2016 », in Bulletin de bibliographie spinoziste XL, Archives de Philosophie, tome 81/4, Octobre-décembre 2018, p. 857-889.

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