Paris

Archives de Philosophie — Année 2011

Cahier 74-1 – Printemps 2011

Gerhard Krüger (1902-1972)

Guy Petitdemange, Avant-propos

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Gerhard Krüger,  Être et temps. A propos de l’ouvrage éponyme de Martin Heidegger

Dans ce compte rendu critique de l’ouvrage de Martin Heidegger, Sein und Zeit, Gerhard Krüger tente de répondre à la question suivante : l’herméneutique heideggérienne du Dasein peut-elle faire office d’anthropologie théologique pour la théologie dogmatique chrétienne, une anthropologie que Krüger considère essentielle afin de résoudre le problème théologique fondamental de l’interprétation des textes sacrés.

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Gerhard KrügerL’histoire dans la pensée contemporaine

Dans ce texte, Gerhard Krüger cherche à déterminer la nature du problème philosophique de l’histoire et/ou de l’historicité. L’histoire est-elle devenue – comme beaucoup de contemporains de Krüger le prétendent, s’affligeant de leur propre impuissance à surmonter une crise de l’historicisme qui met selon eux en danger l’être-homme de la manière la plus radicale – notre problème philosophique le plus urgent, le plus compréhensif et le plus difficile ? Et si, comme le suspecte Krüger, le problème de l’histoire n’est pas aussi urgent, compréhensif et obscur qu’on le croit, qu’est-ce qui a conduit la philosophie contemporaine à lui accorder ce statut ?.

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Gerhard KrügerFoi chrétienne et pensée moderne

Gerhard Krüger aborde le conflit entre la pensée scientifique moderne et la foi chrétienne. Il cherche à répondre aux questions suivantes : comment et pour quelles raisons ce conflit a-t-il vu le jour ? À quoi tient-il essentiellement ? La compréhension de l’advenir temporel qui sert de fondement à la pensée scientifique moderne n’offusque-t-elle que la foi chrétienne, ou l’homme en tant qu’être agissant est-il lui aussi concerné par le conflit qui les oppose ? Et quelle réforme ou concession une résolution satisfaisante dudit conflit exige-t-elle de la pensée moderne ?

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Gerhard KrügerLa philosophie à l’époque du romantisme

Gerhard Krüger s’interroge sur la genèse, le sens – tout autant philosophique qu’historique – et les résultats de la philosophie romantique. Il s’efforce de démontrer que le romantisme est une réaction à une décision antérieure qui avait fondé l’Aufklärung : le retrait de la pensée dans le for intérieur de la conscience réflexive, la séparation entre le Selbst pensant et le corps propre, la communauté politique et Dieu. Le romantisme part du constat d’une douloureuse absence de contenu dans l’existence moderne. L’intention qui anime la philosophie romantique dans son ensemble – chez Fichte, Schelling et Hegel est de soulager cette douleur en rendant par divers moyens à l’homme moderne ce dont la fondation de l’Aufklärung avait exigé qu’il se sépare.

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Fabrice Paradis BélandFoi chrétienne et pensée moderne. Autour du projet philosophique de Gerhard Krüger

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Jean GrondinGerhard Krüger et Heidegger. Pour une autre histoire de la métaphysique

D’abord formé par Nicolai Hartman et Rudolf Bultmann, Gerhard Krüger (1902-1972) fut l’un des élèves les plus doués de Heidegger. Il a suivi d’un œil critique et avisé les soubresauts de sa pensée. S’il fut séduit par la résurrection de la question de l’être et celle de la métaphysique chez Heidegger, comme par sa critique du sujet moderne, c’est une tout autre conception de l’être, de la métaphysique et de l’existence humaine qu’il lui opposait. Il le fit notamment dans ses livres remarquables sur Kant (1931) et sur Platon (1939) que l’on peut lire comme des contestations rigoureuses de la conception heideggérienne de l’histoire de la métaphysique, mais aussi de sa vision de la philosophie.

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Luc LangloisFinitude morale et ontologie de la création. L’interprétation kantienne de Gerhard Krüger

Cette étude est consacrée à l’interprétation – aujourd’hui un peu oubliée – que Gerhard Krüger a proposée de la critique kantienne, en partie en réplique à Heidegger, dans le but de relever les motifs essentiellement théologiques et moraux de l’entreprise philosophique kantienne.

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Bruno KarsentiAutorité et théologie. Peterson et la définition chrétienne du dogme

La distinction entre pouvoir et autorité, couramment admise et illustrée en sciences sociales, est plus rarement interrogée dans ses présupposés. En particulier, de quelle vision culturelle une telle distinction est-elle l’expression ? À partir de la réflexion de Peterson sur la nature et le statut de la théologie, cet essai se propose d’éclairer la forme chrétienne d’une parole d’autorité, d’en dégager la structure générale et les implications en termes de conduite de vie. Il se concentre sur la définition de la dogmatique chrétienne. À partir de ce point, une frontière précise peut être tracée entre politique et religion. Mais c’est sous la seule condition qu’un espace juridique se détermine dans la seconde comme lieu de formation de jugements théologiques. Ces considérations permettent de revenir sur le débat entre Schmitt et Peterson du point de vue, non de la possibilité ou de l’impossibilité d’une théologie politique chrétienne comme on le fait d’ordinaire, mais du point de vue de la facture juridique des concepts théologiques.

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Bulletin cartésien XL

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Cahier 74-2 – Été 2011

Vertus et limites de la démocratie délibérative

Bernard Reber, Introduction

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Charles Girard, « La démocratie doit-elle être délibérative ? »

La délibération publique entre citoyens doit-elle être le fondement de la légitimité proprement démocratique des décisions politiques ? Cet article analyse les arguments avancés en ce sens par les premiers écrits sur la démocratie délibérative. Si la délibération individuelle est requise par la recherche de l’autonomie personnelle et de la satisfaction de l’intérêt particulier, la délibération collective n’est quant à elle une condition ni nécessaire ni suffisante pour atteindre l’autonomie politique et le bien commun. Elle seule permet toutefois de poursuivre ces fins en égaux.

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Alice Le GoffDémocratie délibérative, contestation et mouvements sociaux. L’idée d’un « activisme délibératif » et ses implications

Le statut du conflit au sein des théories de la démocratie délibérative a été au cœur de débats qui ont eu tendance à se structurer autour d’une opposition figée entre démocratie délibérative et démocratie agonistique. Notre objectif est d’affirmer les limites d’une telle opposition et la nécessité de ne plus poser les débats dans ces termes. Il s’agira donc d’interroger les modes d’articulation possible entre politique délibérative et politique contestataire en revenant sur les débats récemment développés autour de l’idée d’un « activisme délibératif ». Ce texte vise ainsi à montrer en quoi une telle notion peut avoir une fonction critique en suggérant les pistes d’une révision du modèle délibératif et de son statut.

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Jürg SteinerRaison et émotion dans la délibération

Dans la formulation classique habermassienne du modèle délibératif, les arguments doivent être justifiés d’une façon rationnelle, reliant logiquement des raisons à des conclusions. Sur la base de données empiriques, il est montré que les histoires personnelles ont également un rôle à jouer pour une bonne délibération, créant l’empathie à l’égard des besoins des autres. Plus généralement, les émotions ne devraient pas être exclues de la délibération.

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Emmanuel PicavetDélibération et communication entre les institutions à propos de la répartition des pouvoirs

Cet article est consacré aux relations inter-institutionnelles et à la manière dont elles traduisent des principes généraux. Dans ce type de contexte, la communication et la délibération prennent en charge des tâches interprétatives ainsi que des opérations d’élaboration de compromis. Cela est illustré par l’exemple de l’allocation du pouvoir lorsque des principes généraux d’arrière-plan sont de nature à favoriser des migrations d’autorité. On examine ensuite le concept de marges de manoeuvre institutionnelles.

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Bernard ReberArgumenter et délibérer entre éthique et politique

Si elle est souvent requise par les théoriciens de la démocratie délibérative, la norme argumentative y est sous-déterminée au regard des théories de l’argumentation. Cet article déploie diverses composantes d’un argument et renvoie dos-à-dos ceux qui jouent contre elle la narration et ceux qui l’exigent sans la définir autrement que de façon minimaliste. Explorant plusieurs causes de la délibération (conflits, incertitudes, modalités), il desserre l’étau de la philosophie politique (Habermas, Rawls) sur la philosophie morale et le pluralisme des théories éthiques. Il propose une division du travail argumentatif favorisé institutionnellement pour ne pas risquer de vider de son sens la théorie de la démocratie délibérative.

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Francis Guibal, Violence, discussion, dialogue. La responsabilité politique du philosophe selon É. Weil

La responsabilité politique du philosophe tient, selon é. Weil, à son devoir de comprendre la réalité pour en discerner les orientations raisonnables. Ce qui l’invite d’abord à prendre la mesure de la rationalisation socio-économique de la modernité et de sa violence potentielle. Cette nouvelle donne historique peut se révéler signifiante, mais à condition d’être justement régulée par une discussion politique s’ordonnant finalement à l’émergence pacifique d’une mondialité qui ferait place et droit au (x) dialogue(s) engagés notamment par les « hommes de culture »

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Bulletin Hobbes XXIII

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Bulletin heideggérien

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Cahier 74-3 – Automne 2011

Henri Maldiney
Esthétique et phénoménologie

Paul Valadier, Présentation

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Sarah Brunel, « Une épiphanie masquée ». Lecture d’Aîtres de la langue et demeures de la pensée

Dans Aîtres de la langue et demeures de la pensée, Henri Maldiney propose une approche phénoménologique du mythe, en particulier de la figure de Dionysos, pour interroger le statut ontologique de l’homme et de sa présence au monde. La question de la manifestation le conduit à une pensée de l’apparaître qui rompt définitivement avec l’idée d’une pure présence. Le langage peut-il de surcroît dire la rencontre de l’être et du monde ? Notre réflexion a pour objet de montrer que cette tentative de réappropriation de l’existence dans la parole philosophique exige un dépassement de l’ontologie.

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Raphaël Celis & Denis ZumwalsLa poétique phénoménologique d’Henri Maldiney

Le langage de la poésie appelle une attention particulière, car son étrangeté même témoigne d’un rapport au réel fort différent des pratiques de la langue, dans la vie quotidienne ou dans le travail scientifique. En s’aidant de la référence au Vide et aux perspectives puisées dans la tradition chinoise, Maldiney développe cette philosophie propre à la poésie à partir des oeuvres d’André du Bouchet et de Francis Ponge. Son analyse donne ainsi à l’art poétique une responsabilité rarement mise en valeur par rapport au réel : un rapport à la fois d’intimité et de proximité.

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Délia PopaVers quelle phénoménologie de l’image ? Maldiney lecteur de Husserl

La création et la passibilité se nouent dans le style phénoménologique nouveau qui se fait jour dans les descriptions maldineyennes. Cependant, il nous serait impossible de nous orienter dans l’ouverture que ce style ménage et d’y faire un apprentissage, si certains retours n’étaient pratiqués vers les lieux premiers où l’analyse phénoménologique s’est exercée. Quelques croisements entre la phénoménologie maldineyenne et la phénoménologie husserlienne sont ici mis en évidence, dans le but de repenser la tâche de la description phénoménologique lorsqu’elle prend en compte non seulement la construction d’une méthode, mais aussi la manière dont celle-ci peut être transformée par ce à quoi elle s’applique.

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Henri MaldineyLa poésie d’André du Bouchet ou la « genesis spontanea ». Entretien avec Michael Jakob

Entretien avec Michael Jakob.

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Adrien LouisLeo Strauss et la question de la tyrannie. L’argumentation de On Tyranny

Comprendre la tyrannie, retrouver les critères qui nous permettent de l’apercevoir et d’en juger correctement, telle est la fin que Leo Strauss assigne explicitement à son étude du Hiéron de Xénophon. Pourtant, la lecture du livre peut aisément donner l’impression qu’il y est moins question de la tyrannie proprement dite que du rapport entre le philosophe et le politique, ou entre la sagesse et la loi. La préoccupation pour la tyrannie semble ainsi s’effacer devant une préoccupation plus générale sur la nature de la philosophie politique classique dans son ensemble. Nous voulions toutefois ici prendre plus au sérieux l’intention de Strauss, et nous efforcer de comprendre son argumentation ou « enseignement » sur la tyrannie.

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Grégoire Boulanger, La figure de l’ennemi dans la pensée de Franz Rosenzweig et de Carl Schmitt

La question de l’ennemi et de la guerre chez Rosenzweig est importante non seulement pour comprendre l’auteur, mais aussi son œuvre : L’étoile de la Rédemption. Avec la relation d’hostilité, la temporalité rédemptrice basée sur le commandement d’amour s’affronte au problème des rapports qu’ont le judaïsme et le christianisme avec la guerre et le nationalisme.

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Michel Le DuMéthode compositive et ordre social

L’objectif de l’article est de montrer que la distinction couramment établie, en philosophie des sciences sociales, entre une approche « externe », « objective » et une approche « compréhensive », réputée d’essence psychologique est fausse et altère, par ailleurs, la perception que nous pouvons avoir de la diférence entre ces sciences et les sciences de la nature. Le texte recense également les arguments en faveur d’une méthode individualiste et compositive et suggère que l’opposition rituelle entre individualisme et holisme ne se situe peut-être pas sur le terrain où l’on a coutume de la situer.

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Bulletin de Philosophie médiévale XIII

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Cahier 74-4 – Hiver 2011

Paul Ricœur et l’histoire

Marc de Launay, Jean-Claude Monod, Présentation

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Françoise DasturLa critique ricœurienne de la conception de la temporalité dans Être et temps de Heidegger

C’est dans le tome III de Temps et récit, paru en 1985 que, dans le cadre d’un chapitre intitulé « L’aporétique de la temporalité », Paul Ricœur entre directement en débat avec l’auteur d’Être et temps. Bien qu’il souligne d’emblée l’originalité proprement phénoménologique de l’analyse heideggérienne du temps qui a le mérite de rompre avec le subjectivisme d’Augustin et de Husserl, il ne l’en soumet pas moins à une critique sévère, centrée sur deux points principaux : le privilège donné à l’être pour la mort, qu’il oppose à l’insouciance spinoziste à l’égard de la mort et au privilège donné à la natalité par Hannah Arendt, et l’aporie inhérente à la conception heideggérienne d’une finitude de la temporalité et d’un concept vulgaire du temps, qui ne permet pas, selon lui, à Heidegger de rendre compte aussi bien du temps historique que du temps de la nature. On s’efforce ici, en prenant appui sur les textes mêmes de Heidegger, de répondre point par point à cette critique.

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Alexandre EscudierL’herméneutique de la condition historique selon Paul Ricœur

L’herméneutique de la condition historique’ est un thème central de l’anthropologie philosophique de Paul Ricœur. Le présent article s’emploie à montrer, d’une part, que Ricœur redéploie son « herméneutique de la condition historique » à partir de l’analyse heideggérienne de l’expérience temporelle du Dasein et, d’autre part, qu’il le fait en marquant un certain nombre de désaccords fondamentaux (essentiellement sur les plans épistémologique et éthique) avec le cadre heideggérien initial. La thèse adventice soutenue dans l’article consiste à indiquer combien cet amendement du cadre heideggérien de départ aurait pu être encore plus massif, si Ricœur avait reçu un texte capital de Reinhart Koselleck intitulé « Théorie de l’histoire et herméneutique », dirigé à la fois contre l’ontologie fondamentale de Heidegger et l’herméneutique universelle de Gadamer.

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Myriam Revault d’AllonnesLa vie refigurée : les implications éthiques du récit

Ce texte a pour objet de montrer que le moment de la « refiguration » dans Temps et récit est indissociable d’un souci éthique. La fonction narrative a des implications éthiques car le récit – et particulièrement le récit d’une (ou des) vie(s) – constitue un point de passage : il pose la question de la communicabilité ou de l’échange des expériences. D’où la difficulté que Ricœur a lui-même affrontée : qu’en est-il des vies qui ne trouvent pas de narrateur ?

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László TengelyiRefiguration de l’expérience temporelle selon Ricœur

L’article présente et analyse la critique à laquelle Ricœur soumet la phénoménologie du temps selon ses deux versions principales, élaborées par Husserl et par Heidegger. Il est montré sous quels présupposés cette critique est formulée, quelles découvertes sont attribuées à Husserl et à Heidegger et quels arguments sont dirigés contre leurs idées sur le temps. Finalement, les fondements de la conception ricœurienne du temps sont déduits de son explication avec ses maîtres en phénoménologie.

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David LemlerNoachisme et philosophie. Destin d’un thème talmudique de Maïmonide à Cohen en passant par Spinoza

Visant à contester la possibilité même d’une philosophie juive, Spinoza cite, dans son Traité théologico-politique, un jugement particulièrement restrictif de Maïmonide au sujet du noachisme, institution universaliste et rationaliste du judaïsme rabbinique. Cet article propose une étude des tentatives, paradoxalement conjointes, de réhabilitation de la figure philosophique de Maïmonide et de la compréhension universaliste du noachisme par M. Mendelssohn et H. Cohen, initiateurs de la refondation post-spinoziste d’une philosophie juive.

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Bulletin de littérature hégélienne XXI

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Bulletin de bibliographie spinoziste XXXIII

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