Paris

Archives de Philosophie — Année 2012

Cahier 75-1 – Printemps 2012

L’Un chez Plotin

Jérôme Laurent, Avant-propos : « La merveille, c’est l’Un » (VI, 9 [9], 5, 30)

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Lucien Lavaud, La métaphore de la liberté. Liberté humaine et liberté divine chez Plotin

Contre les péripatéticiens, Plotin prétend opérer la « métaphore » de la liberté humaine vers la liberté divine : c’est de la volonté libre du Bien que la volonté de l’homme reçoit son essence. Trois figures distinctes de la liberté apparaissent cependant dans les traités plotiniens (et en particulier les traités 6 et 39 sur lesquels on appuiera plus précisément notre analyse). La liberté expressive suit la dynamique générale de l’émanation : elle est l’initiative de l’âme qui organise le corps individuel. La liberté réflexive est la maîtrise de soi par laquelle chaque principe se donne à lui-même un contenu et une détermination. Enfin, la liberté par transcendance est la simplicité pure de l’Un qui ne se laisse pas réduire à la multiplicité déterminée de l’ousia

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Alexandra Michalewski, Le premier de Numénius et l’Un de Plotin

La théologie de Numénius, qui définit le premier dieu comme un principe totalement simple, solitaire et transcendant, a joué un grand rôle dans la construction de l’hénologie plotinienne. Or, si cette dernière est en partie héritière des réflexions médioplatoniciennes, elle marque également un véritable tournant dans l’histoire du platonisme. Tandis que le premier principe de Numénius exprime l’unité parfaite de l’être et de l’intellect, l’Un de Plotin est « au-delà de l’être » de manière absolue. Cette différence a des conséquences décisives, tant sur la manière de concevoir le rapport du premier au second principe, que sur l’interprétation de la relation de l’Intellect divin à son objet. Cet article se propose d’analyser, à travers une étude de la conception du premier principe chez Plotin et Numénius, l’apport métaphysique que représente l’existence d’un principe au-delà de l’être.

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Sylvain Roux, Transcendance et relation. Plotin et l’antinomie du principe

La question du principe occupe une place essentielle dans la philosophie de Plotin, notamment parce qu’il lui faut penser de quelle manière l’Un peut être à l’origine de toutes les autres réalités et jouer ainsi un rôle principiel. Mais l’analyse de cette question pose un problème particulier : si l’Un est en position de principe, il perd son statut transcendant. Plotin accuse Aristote et les stoïciens d’avoir ainsi affaibli la supériorité de l’Un pour en faire un principe, mais l’affirmation de la transcendance rend elle-même difficile l’établissement d’une relation entre le Principe et ce qui en provient. Comment surmonter ce qui apparaît bien comme une antinomie ? Nous montrons ici par quelles voies paradoxales Plotin y parvient mais surtout que l’usage du paradoxe offre la seule solution compatible avec l’orientation générale du système plotinien.

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Jean-Marc Narbonne, L’Un, modèle de la pensée religieuse de Bergson

Bergson a critiqué l’ensemble de la métaphysique occidentale, héritée du modèle platonico-aristotélicien, pour son incapacité à penser une véritable maturation possible des choses, un temps-invention, dans lequel la réalité se renouvèlerait au fur et à mesure qu’elle se créerait – ce qu’il appelle la durée –, en opposition à un devenir dont le résultat est toujours donnée d’avance, fixée dans l’Idée ou l’Intellect divin, tel un plan que l’on se contenterait de déplier. Mais Bergson a sans doute trouvé également, tout particulièrement chez Plotin, les prémisses d’un dépassement de ce cadre grec classique, par exemple dans la notion plotinienne de la préséance possible de l’agir sur l’être, renversant l’adage selon lequel l’agir s’ensuit de l’être (operari sequitur esse), en celui de l’être qui s’ensuit de l’agir (esse sequitur operari), l’idée également d’un dépassement de la choséité par le Principe premier, l’Un plotinien, qui est un pur jaillissement antérieur au quelque chose, préfigurant la continuité de jaillissement qui, selon Bergson, serait de Dieu, si ce n’est pas Dieu lui-même.

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Eléonore Dispersyn, L’adversaire de Dieu dans la Philosophie de la révélation. Esquisse d’une satanologie schellingienne

On associe généralement la figure de Satan à une signification indigente ou mesquine. Dans la Philosophie de la révélation, Schelling tente au contraire d’en donner une interprétation différente, selon laquelle la « mauvaiseté positive » de Satan n’est pas seulement assumée, mais également revalorisée. Cependant, le rôle de Satan demeure ambigu, incarnant à la fois le tentateur universel et le maillon nécessaire à la révélation de Dieu lui-même. Dans cette étude, il s’agit donc de montrer à la fois la nature amphibolique du Diable, et de rendre compte des multiples endossements qu’il recouvre. Une tâche qui implique précisément la mise en évidence du rôle incontournable de Satan dans la victoire finale du bien, et qui se manifeste, en termes schellingiens, par l’incompatibilité de l’homme avec le feu dévorant du principe de lumière, laquelle nécessite un principe obscur qui hâte la séparation, pressent le mal et le provoque.

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Thierry Gontier, Prudence et sagesse chez Montaigne

À l’encontre d’une école récente d’interprétation qui tend à voir dans les Essais de Montaigne une pensée du renoncement à toute maîtrise de l’action, nous voulons montrer qu’il y a chez lui une authentique pensée de la prudence. Si les références aristotéliciennes et stoïciennes sont sollicitées par Montaigne, il reste que le caractère mouvant et imprévisible de la fortune ainsi que la part de fortuit inscrite dans l’être l’obligent à redéfinir les contours de la notion traditionnelle de prudence. À un premier niveau de prudence qui consiste à savoir agir dans le monde s’ajoute un second niveau, qui consiste à savoir se préserver face aux sollicitations du monde. Montaigne inaugure ainsi une pensée moderne de la prudence, qui trouvera, mutatis mutandis, une expression contemporaine chez Hannah Arendt, Georg Gadamer et Paul Ricœur.

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Bulletin cartésien XLI

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Cahier 75-2 – Été 2012

Hegel. Science de la logique, 1812
Deux siècles après

Jean-Marie Lardic, Présentation

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Jean-François Kervégan, « La science de l’idée pure »

Cet article est un exercice pour comprendre la définition par Hegel de la Logique comme « la science de l’idée pure », et pour en examiner les implications. Revenant sur la question du rapport de la Logique et de la Phénoménologie, et proposant une interprétation de l’approche délibérément aporétique de la question du « commencement » par Hegel, il s’efforce ensuite de décrire les principales caractéristiques du « programme » logique, dont elles illustrent la radicalité.

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Paolo Giuspoli, Le concret de la raison. Ontologie et perspective transcendantale dans l’élaboration de la Science de la logique

L’enjeu de la Science de la logique est le changement historique de paradigme dans la manière de concevoir la rationalité du savoir. Le projet général de la philosophie hégélienne tire son origine et son développement d’une nouvelle question fondamentale qu’on peut exprimer ainsi : quels critères théorétiques (de nature épistémique, systémique, conceptuelle et lexicale) sont requis pour générer une science qui nous permette de développer un savoir rationnel de ce qui est concrètement réel ? Dans cet essai, nous discutons la façon dont Hegel met au point ce paradigme avec la Science de la logique, à partir d’une mutation radicale, qu’il partage partiellement avec Kant, dans la manière de concevoir la nature et l’articulation logique de la pensée dans son auto-explication rationnelle. En analysant cette mutation, il faudra considérer comment elle s’accompagne d’une métamorphose aussi radicale de la façon d’entendre le réel.

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Gilles Marmasse, La logique hégélienne et la vie

Quels sont les traits originaux de la logique chez Hegel et comment entendre l’insistance du philosophe sur son caractère « vivant » ? L’hypothèse est ici que la logique ne doit être comprise ni comme une philosophie première ni comme un organon, mais comme le développement strictement autonome d’une pensée qui n’est référée à rien d’autre qu’à elle-même. Plus précisément, la logique peut être dite vivante en ce qu’elle est en devenir, se développe sur le mode de la négation et en vient à rendre compte d’elle-même par elle-même.

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Birgit SandkaulenLa pensée post-métaphysique de Hegel

Le présent article soutient la thèse que la Science de la logique de Hegel va dans le sens d’une pensée post-métaphysique. Le point décisif n’est sans doute pas, dans ce cas, le dépassement de ce qu’on nomme la « métaphysique ancienne ». Ce qui est décisif et problématique à la fois, c’est plutôt la tentative, célèbre mais encore insuffisamment analysée, entreprise par Hegel pour transformer la métaphysique de la substance de Spinoza en une nouvelle philosophie de la subjectivité.

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Alain Patrick Olivier, La logique de l’action de Michael Quante

La question de savoir ce qu’il en est après deux cents ans de la logique spéculative est abordée dans cet article à travers la façon dont Michael Quante se rapporte aujourd’hui à la philosophie de Hegel. La logique est interrogée à partir de la problématique de la philosophie analytique et dans le domaine spécifique de la théorie de l’action. Cette approche apparemment extérieure s’avère en réalité une façon d’actualiser les présupposés de la dialectique dans leur signification la plus spéculative. On met en évidence en effet la structure commune de la science de la logique et de la philosophie de l’action qui tient dans le concept de la subjectivité, soit dans le concept de concept au sens hégélien, lequel détermine la description des actions conceptuelles en général et rend compte aussi bien de la démarche d’autonomie exégétique employée.

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Christophe Béal, John Stuart Mill et le paternalisme libéral

On attribue souvent à John Stuart Mill une théorie de la liberté fondée sur un principe de non-nuisance qui conduirait à une critique radicale du paternalisme politique et juridique. Cependant, en analysant de plus près la portée de ce principe ainsi que son mode de justification, il est possible d’en donner une interprétation qui soit compatible avec certaines formes de paternalisme. On peut ainsi considérer De la liberté comme une des sources du paternalisme libéral et plus précisément d’un paternalisme perfectionniste visant à préserver et à promouvoir l’autonomie des individus.

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Christophe Corbier, Bachelard, Bergson, Emmanuel : mélodie, rythme et durée

Dans La dialectique de la durée, Bachelard critique la métaphore musicale utilisée par Bergson pour illustrer le concept de durée. Bergson, dans l’Essai sur les données immédiates de la conscience, emploie la mélodie comme image de la durée et assimile rythme et mesure, la périodicité rythmique permettant l’intuition de la durée. Mais c’est d’une autre conception du rythme que se réclame Bachelard : le musicologue Maurice Emmanuel a montré que rythme et mesure ne sont pas équivalents et il a révélé à Bachelard la polyrythmie dans les pièces de la Renaissance, image de la pluralité rythmique dans le monde et dans le moi. Ainsi se substitue à la mélodie-durée la consolidation rythmique, métaphore musicale de la discontinuité du temps.

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Bernard Dov Hercenberg, De ce qui se donne en se retirant. Un mystère heideggérien à plusieurs visages. À propos de la terre

La thématique du retrait traverse l’œuvre de Heidegger : elle est inséparable de sa quête de l’être (qui se dévoile en se voilant), de ses conceptions de la vérité et de la terre. Mais cette multi-présence du rapport entre don et rétraction n’est pas seulement inscrite dans la manière de penser de Heidegger. Elle concerne aussi le développement de Sein und Zeit, inachevé. La question qui s’impose est alors celle de savoir si et dans quelle mesure cette thématique ne relève que d’une dimension philosophique ou bien si elle n’a pas aussi à voir, chez Heidegger, avec une dimension biographique.

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Bulletin Hobbes XXIV

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Cahier 75-3 – Automne 2012

Repenser le cosmopolitisme

Yves Charles Zarka, Déduction de l’idée cosmopolitique

Il s’agit de déduire le concept de cosmopolitisme à partir de la notion d’humanité et de montrer le champ considérable qui s’ouvre ainsi à la pensée : le rapport à la nature et au monde vivant, l’idée d’une justice universelle pensée à partir de l’humanité comme sujet supérieure au peuple ou à l’État comme sujet. De cette hiérarchie peut être tirée l’idée d’un droit de résistance des peuples contre l’oppression, l’équité territoriale, le droit de vivre dignement des fruits de la Terre au lieu où l’on habite.

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Yves Charles Zarka, Exposition de l’idée cosmopolitique : la responsabilité pour l’humanité

L’inappropriabilité de la Terre comme principe fondamental du droit cosmopolitique, dont les autres droits et devoirs de l’humanité doivent êtres déduits, est susceptible de renouveler le contenu de l’idée du citoyen du monde qui relève d’un droit plus fondamental que celui de la citoyenneté étatique. Cela ne veut nullement dire qu’il faille remettre en cause le droit positif étatique, mais simplement que, au-dessus de celui-ci, il y a un droit du citoyen du monde, donc de l’humanité qui prévaut. Pour Kant, le droit cosmopolitique du citoyen du monde avait pour unique contenu l’hospitalité que l’on doit à celui qui arrive et qui passe. A partir du concept d’inappropriabilité de la terre ce droit s’élargit considérablement : il comporte non seulement le devoir d’hospitalité, mais aussi les droits de l’homme et en outre le droit à bénéficier des fruits de la Terre en vue d’avoir une existence décente. Le tout définissant la responsabilité cosmopolitique pour l’humanité.

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Jean-Marc FerryComprendre l’Union européenne en un sens cosmopolitique. Quelle participation civique ?

Loin d’épouser le schéma d’un État fédéral (inachevé), la structure juridique fondamentale de l’Union européenne est celle d’une union cosmopolitique au sens où Kant en avait exposé l’épure dans « La Paix perpétuelle », selon trois « niveaux de relations du droit public » (ius civitatis, ius gentium, ius cosmopoliticum). Cependant, la dynamique de l’intégration européenne fait émerger des différenciations déroutantes : entre citoyenneté et nationalité, peuple et nation, autorité et souveraineté, souveraineté négative et souveraineté positive, droit international et droit transnational, État et Constitution. En ce qui concerne l’Europe (cosmo) politique, cela ne va pas sans difficulté. L’Union doit en effet faire face à des difficultés internes de responsabilité, d’autorité, de représentativité politiques – bref de légitimité politique du projet européen lui-même, dont il est urgent de repenser les finalités.

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Regards de philosophes sur leur société

Denis de Casabianca, Une anthropologie des différences dans L’Esprit des lois

Dans L’Esprit des lois, la question de la nature de l’homme n’est pas prise en charge dans un cadre jusnaturaliste. Les considérations physiologiques du Livre XIV, l’étude du mouvement des fibres, révèlent un « être flexible ». Montesquieu s’efforce de constituer un savoir anthropologique qui s’accorde avec le projet d’étude des institutions humaines. Ce savoir ne se donne pas comme un préalable à l’enquête politique, il lui est inséparable et apparaît comme une anthropologie des différences.

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Marc Berdet, Chiffonnier contre flâneur. Construction et position de la Passagenarbeit de Walter Benjamin

Dans cet article, nous reconstruisons le dernier travail de Walter Benjamin, le Livre des passages, comme celui d’un « chiffonnier ». Nous allons ainsi contre le courant qui consiste à considérer cette somme comme un livre achevé, écrit par un « flâneur » ambigu, et l’appréhendons au contraire comme une collecte systématique de rebuts de l’histoire, habituellement ignorés par les historiens, et qui attendent leur classement. La forme définitive doit venir d’une nouvelle dialectique du passé et du présent, qui part de la position historique et politique de Benjamin. Le Livre des passages documente une méthode et une technique d’écriture que nous pouvons reprendre aujourd’hui.

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Pierre-François Noppen, L’objet de la théorie dialectique. Le débat entre Max Horkheimer et Theodor W. Adorno

Cet article veut contribuer à définir l’objet de la théorie dialectique. Afin d’y parvenir, il reconstruit le projet d’une théorie dialectique tel qu’il a pris forme au cours des années trente au sein de l’École de Francfort – dont on rappelle qu’elle s’est toujours voulue, depuis sa naissance à Francfort dans les années 30, et dans le contexte de la société allemande, une continuation et une reprise du marxisme et sur le plan spéculatif et sur le plan des sciences empiriques – en prenant appui sur les protocoles de discussions qui eurent lieu en 1939 à l’International Institute for Social Research à New York et dont l’importance n’a jamais été pleinement reconnue. Je défends que le projet peut être lu à la lumière d’une déclaration de Marx et que les termes qu’il emploie suggèrent, paradoxalement, que l’on peut emprunter l’une ou l’autre de deux voies distinctes pour élaborer la théorie dialectique. Je montre ensuite ce qui motive Max Horkheimer à emprunter l’une de ces voies et Theodor W. Adorno à emprunter plutôt l’autre. Je montre enfin pourquoi, dans la confrontation de leur position, l’une des deux voies s’affirme sur l’autre et comment cela nous permet de discerner plus précisément la nature de l’objet de la théorie dialectique.

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Frédéric Keck, Goffman, Durkheim et les rites de la vie quotidienne

On propose ici la notion de « rite de la vie quotidienne » en liant les analyses de Goffman sur la « mise en scène de la vie quotidienne » avec sa réflexion, d’inspiration durkheimienne, sur les « rites d’interaction ». Après avoir rappelé l’analyse durkheimienne du rituel, on montre en quoi le pragmatisme de Mead permet à Goffman de refuser un certain nombre de présupposés de la sociologie de Durkheim. On montre ensuite que la référence à la mise en scène théâtrale permet à Goffman de se détacher du normativisme de Mead pour proposer une analyse des personnes (selves) qui rejoint le cœur de la pensée durkheimienne, celle qui sera reprise par le structuralisme lévi-straussien et qui s’inscrit dans la réflexion juridique. La conclusion propose alors une nouvelle comparaison entre Goffman et Foucault à partir du domaine de la biopolitique.

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Manuel Roy, La réception fichtéenne de la Critique de la faculté de juger

Selon une interprétation très répandue, Fichte reprendrait dans la doctrine de la science le problème qui se trouve au cœur de la troisième Critique kantienne pour le résoudre à sa façon. Cette idée, parfaitement légitime en elle-même, est toutefois souvent adoptée pour des raisons contestables. À partir d’un examen approfondi de la correspondance et de certains écrits de jeunesse de Fichte, le présent article s’efforce de déterminer avec précision la manière dont le jeune penseur a interprété et cru devoir compléter la philosophie critique de Kant, et notamment la Critique de la faculté de juger.

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Bulletin de Philosophie médiévale XIV

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Cahier 75-4 – Hiver 2012

L’enquête philosophique de Bruno Latour

Bruno Latour, Biographie d’une enquête. A propos d’un livre sur les modes d’existence

La publication de l’Enquête sur les modes d’existence (La découverte 2012), peut être quelque peu éclairée par un bref retour en arrière sur les étapes successives de cette anthropologie des Modernes commencée un quart de siècle auparavant. L’article reprend donc le cheminement intellectuel, commencé avec l’exégèse biblique puis continué dans « l’exégèse » des sciences et des techniques, qui a mené peu à peu à la présente enquête.

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Bruno Karsenti, Tenir au monde, le faire tenir. Linéaments pour une philosophie de l’attention

La philosophie de Bruno Latour se traduit dans son dernier livre comme une Enquête sur les modes d’existence. Une lecture de ce dernier livre permet de jeter un regard rétrospectif sur l’ensemble de l’œuvre sociologique et anthropologique de l’auteur, et de la présenter comme une philosophie de l’attention. Cette attention s’aiguise en se portant sur l’ensemble de ces modes, sur leurs différences ontologiques et les bifurcations qu’ils introduisent dans le registre de l’expérience. La question centrale, en se déterminant progressivement comme une question cosmologique et éthique – à quel monde tenons-nous ? – infléchit la pratique des sciences sociales en direction d’une philosophie qui soit à la hauteur de ce qu’exige la condition des Modernes.

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Didier Debaise, Qu’est-ce qu’une subjectivité non-humaine ? L’héritage néo-monadologique de B. Latour

L’ambition de cet article est de proposer une lecture de l’œuvre de B. Latour en l’inscrivant dans un héritage que nous qualifierons de « néomonadologique ». La caractéristique principale d’une telle approche est qu’elle tente de dégager simultanément la question du sujet de toute anthropologie et la question de la nature de toute substantialité propre. C’est à une conception pluraliste de la nature, faite de niveaux de subjectivités – humaines et non-humaines –, qu’une telle philosophie en appelle.

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Psychanalyse

Fernand Cambon, Le « méta- » et l' »au-delà » chez Freud

Je tente d’opérer un rapprochement chez Freud entre le préfixe « méta- » dans « métapsychologie » et la préposition synonymique « au-delà » dans le titre Au-delà du principe de plaisir. Après une exploration notionnelle et chronologique de la « métapsychologie » dans le corpus freudien, je me livre à une analyse serrée de l’essai Au-delà du principe de plaisir, y faisant notamment ressortir les notions de compulsion de répétition, de pulsions de vie et de mort et de dualisme pulsionnel.

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Erik Porge, Lacan : un poème signé là quand

L’identification de l’étendue de l’appareil psychique et sa temporalité, initiée par Freud avec ses deux topiques, a été complétée par le recours de Lacan à la topologie des surfaces et des nœuds. Les réseaux en deux dimensions des signifiants se combinent avec une temporalité ternaire pour déterminer le sujet de l’inconscient, divisé telle la coupure d’une bande de Moebius. À ce sujet, sans substance, il manque l’Un pour le désigner ; l’objet cause de désir et le nom propre peuvent y suppléer.

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Raphaël Ehrsam, Représentation des sourds et muets et fonctions de la parole de Descartes à Kant

Nous proposons de considérer la place stratégique accordée aux sourds et muets dans les théories du langage aux XVIIe et XVIIIe siècles comme une voie royale pour interroger ces théories. Nous soutenons en conséquence l’existence de trois paradigmes pour décrire les rapports entre langage et pensée : un paradigme expressif et communicationnel, un paradigme ampliatif et extensionnel, enfin un paradigme corrélationnel. En suivant les transitions entre ces paradigmes, nous expliquons pourquoi Descartes reconnaît aux sourds les mêmes capacités intellectuelles qu’aux autres hommes, alors que Kant les leurs dénie.

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Bulletin de littérature hégélienne XXII

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Bulletin de bibliographie spinoziste XXXIV

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