Paris

Archives de Philosophie — Année 2014

Cahier 77-1 – Printemps 2014

Leibniz
Monades et mondes

Paul Rateau, Lire Leibniz aujourd’hui

Notre manière de lire Leibniz a changé avec les progrès de l’édition de ses écrits et les résultats apportés par l’emploi de la méthode génétique. L’œuvre leibnizienne ne se présente pas comme un système, achevé, définitif, mais comme une réflexion ouverte, reprenant inlassablement les problèmes et inventant des moyens conceptuels nouveaux pour les résoudre. En prenant en compte brouillons et esquisses préparatoires, corrections et ajouts, la méthode génétique se donne pour tâche de ressaisir le mouvement de cette pensée au travail, sans négliger le statut particulier de chaque texte ni exclure toute possibilité d’interprétation générale.

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Stefano Di Bella, Leibniz et l’inhérence. Diu multumque investigavi generalem notionem tou inesse

Loin d’avoir simplement confondu logique et ontologie dans son interprétation de la relation d’inhérence dans la métaphysique du Discours, Leibniz n’a jamais cessé de s’interroger sur cette relation. Ainsi, dans les années après le Discours, il a essayé de construire une théorie unifiée de l’inesse, capable de rendre compte de ses différentes interpétations – logiques, phénoménologiques, mathématiques ou ontologiques au sens propre. Cette théorie se présente comme une sorte de méréologie générale, liée à une théorie des conditions, dont les applications vont de la fondation des concepts de la géométrie à la théorie monadologique des corps. Leibniz s’y efforce de clarifier la signification ontologique de la prédication.

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Jean-Pascal Anfray, Le labyrinthe temporel. Simplicité, persistance et création continuée chez Leibniz

Comment concilier la simplicité de la monade avec la pluralité successive de ses états ? La thèse de la création continuée parait entrainer l’existence de parties temporelles indépendantes et impliquer que le monde soit constitué d’entités transitoires. Il s’agit d’analyser les moyens dont dispose Leibniz pour éviter cette conclusion. On montre, à partir de l’analyse du concept d’étendue, qu’un ensemble d’états ne forme pas un agrégat divisible. On examine ensuite l’interprétation leibnizienne de la création continuée, en la confrontant à l’arrière-plan scolastique et cartésien, ce qui permet de parvenir à la thèse selon laquelle les monades existent tout entières à chaque moment de leur durée.

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Anne-Lise Rey, La dynamique du vivant

L’article analyse la manière dont le dispositif conceptuel de la dynamique de l’action permet de comprendre les actions internes des corps vivants. Il s’agit, à partir du repérage de la distinction entre action violente et action formelle, de saisir le processus par lequel le champ expérimental peut être considéré comme une modalité de connaissance du vivant qui prenne en charge l’incertitude du savoir. La notion de certitude morale permet alors de saisir la dimension évolutive d’un savoir fondé sur les expériences.

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Paul Rateau, L’univers progresse-t-il ? Les modèles d’évolution du monde chez Leibniz

Cet article étudie les différents modèles de progrès possibles répertoriés par Leibniz dans deux textes latins datés des années 1694-1696. Il montre la conception de la perfection que ces modèles impliquent, dans l’hypothèse d’une évolution des créatures et du monde sans progrès, et dans le cas d’un perfectionnement universel. Quoique la thèse du meilleur monde vaille quelle que soit l’hypothèse retenue, il apparaît que le principe du meilleur plaide en faveur d’un perpétuel progrès du monde et permet, sinon de déterminer la forme particulière qu’il doit prendre, tout du moins d’écarter certains modèles d’évolution.

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Arnaud Milanese, L’histoire de la science et de ses institutions de Bacon à Hobbes : un héritage critique

Cet article revient sur les rapports entre la pensée de Hobbes et celle de Bacon, sur un point précis : l’attention que chacun prête à l’histoire de la science ou de la philosophie. Cette attention à l’histoire intellectuelle en général caractérise bien ces deux pensées. En précisant l’usage que Bacon peut faire de l’histoire de la philosophie (pour connaître le pouvoir de connaître et pour saisir ses interactions avec l’histoire politique), on voit d’autant mieux la manière dont Hobbes recueille et prolonge de manière critique les pistes lancées par Bacon.

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Guillaume Lejeune, Vers une pensée moderne du dialogue. F. Schlegel et F.D.E. Schleiermacher

Le romantisme allemand, une fois écartés les poncifs de sa non-réception, nous offre les outils conceptuels pour penser de façon moderne le dialogue comme le lieu où se dialectisent les représentations en vue d’un vrai infiniment approché. Friedrich Schlegel, s’il inaugure une telle conception du dialogue, n’en fournit toutefois pas une théorie suivie. Il préfère susciter le dialogue – par le biais de fragments – que le théoriser. Ce n’est qu’avec Schleiermacher que les conditions de possibilité du dialogue sont pensées dans leur effectivité.

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Bulletin cartésien XLIII

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Cahier 77-2 – Été 2014

Schleiermacher philosophe

Denis Thouard, Schleiermacher philosophe

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Andreas Arndt, La Dialectique de Friedrich Schleiermacher. Un projet de la philosophie classique allemande

Les Leçons de Schleiermacher sur la Dialectique proviennent de la transformation d’un projet du premier romantisme engagé initialement par Friedrich Schlegel. Ses contours apparaissent peu à peu dans les écrits et leçons de Schleiermacher à partir de 1803 jusqu’à ce que la Dialectique surgisse en 1811 de façon apparemment instantanée. On montrera qu’en discussion avec Kant et Fichte, mais aussi stimulé par Platon et Spinoza, Schleiermacher propose une voie propre de fondation de la philosophie, qui le rapproche en beaucoup d’aspects de Hegel, mais l’y oppose tout autant.

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Omar Brino, Système et histoire dans l’éthique de Schleiermacher

À travers une étude systématique de l’histoire de l’éthique, principalement dans les « Grundlinien einer Kritik der bisherigen Sittenlehre » (1803), Schleiermacher élabore ses propres positions qui visent à valoriser chaque individualité pour son apport particulier et non transférable à un monde éthique commun. Sa critique de l’individualisme eudémonique d’un côté, de l’universalisme limitatif de l’autre, défend une approche éthique où le point de vue historique et individuel peut être relié à une philosophie systématique de l’esprit.

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André Laks, Platonicien malgré lui ? Le statut de l’éthique platonicienne dans les Grundlinien

L’importance de Platon dans l’œuvre de Schleiermacher est connue, mais a été souvent trop exclusivement liée à la traduction des dialogues et à la célèbre Introduction qui la précède. Or cette Introduction ne porte que sur la forme des dialogues platoniciens. S’agissant du contenu, il convient de lire, en parallèle avec l’Introduction (publiée en 1804), les Principes d’une critique de la doctrine des mœurs antérieures, qui datent de 1803. Platon y joue en effet un rôle central, à côté de Spinoza, auquel il est régulièrement associé. Une des questions qui se pose alors est comment construire la relation entre l’éloge constant que Schleiermacher fait de l’éthique platonicienne dans ce traité, et les critiques qu’il adressera aussi par la suite à Platon, notamment dans son Introduction à la République de 1828.

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Denis Thouard, L’éthique de l’individualité chez Schleiermacher

L’article s’interroge sur la place réservée à l’individualité, dont le motif est si fortement marqué dans les premiers travaux de Schleiermacher, dans le système abouti et notamment dans l’Éthique. En premier lieu, c’est le rôle de la lecture de Spinoza qui est mis en avant, comme l’inspiration philosophique fondamentale du projet de Schleiermacher, y compris dans son Éthique. Mais l’adoption d’un cadre systématique après 1803, notamment avec la Dialectique après 1811, risque de minorer la place dévolue à l’individualité. C’est dans la conception originale de la temporalité que se trouve la clé de l’articulation entre la logique systématique de la différenciation fonctionnelle et la logique éthique de l’individualisation.

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Sarah Schmidt, Éthique et physique chez Schleiermacher

Schleiermacher associe à l’éthique comme science des activités de la raison la physique comme science des activités de la nature. Bien qu’il ne traite qu’une partie de ces deux « sciences réelles » dans son œuvre philosophique, la relation de réciprocité des sciences réelles entre elles est toujours prise en compte dans les leçons d’éthique et de dialectique. Le texte reconstruit l’ambition systématique de Schleiermacher en analysant le rapport de l’éthique à la physique, accordant au passage une attention particulière à la philosophie de la nature du collègue de Halle, H. Steffens.

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Schleiermacher, bulletin critique

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Bulletin Hobbes XXVI

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Cahier 77-3 – Automne 2014

Le mal et le pardon

Yves Charles Zarka, Penser le pardon: Introduction au dossier

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Joseph Cohen, De l’aveu et du pardon. Lecture de la dialectique du « Mal et de son pardon » dans la Phénoménologie de l’Esprit de Hegel

Nous nous proposons dans cette étude de relire la dialectique du « Mal et de son pardon » dans la Phénoménologie de l’Esprit. Cette dialectique constitue l’accomplissement spéculatif de la « reconnaissance » chez Hegel en ce qu’elle déploie ce nous pourrions nommer une « grammaire de la réconciliation ». Il s’agira donc de montrer en quoi s’y ouvre l’espace d’un différentiel infini entre l’agir et le juger et donc que la réconciliation que déploie ici Hegel marque une discontinuité différenciante où se maintiendrait toujours l’écart entre l’aveu et le pardon. Nous verrons donc que ce que Hegel nomme la « réconciliation » entre l’« agir » et le « juger » loin de simplement confondre l’aveu et le pardon situera l’impossibilité d’inscrire l’aveu du mal en une téléologie pardonnante ou inversement à faire du pardon un effacement du mal avoué.

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Gérard Bensussan, Le pardon entre oubli et partage. La généalogie de l’homme désenfermé dans L’Étoile de la Rédemption

Dans L’Étoile de la rédemption de Franz Rosenzweig, une topologie articule la question du pardon en tant que non-originaire. La distribution qui scande, organise et tisse toute une série de reliaisons faisant « système » dans L’Étoile, c’est : Création / révélation / rédemption comme modes relationnels et temporels déterminant des façons pour l’homme de se trouver pris dans des liaisons spécifiques avec Dieu, avec le monde, avec les autres hommes. Dans ces réseaux tissés par L’Étoile, la question est de savoir si le pardon est chose humaine ou grâce divine, « propre de l’homme » ou « propre de dieu » et de quoi il pourrait bien être, du coup, l’« impropre ».

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Nicolas de Warren, L’impardonnable chez Jankélévitch

Parmi les diverses tentatives pour clarifier la possibilité et le sens du pardon, l’une des plus originales, et l’un des premiers textes sur la question suite à la Shoah, revient à Vladimir Jankélévitch. Dans le présent article, je propose une esquisse de ce qui est unique et important dans la conception du pardon chez Jankélévitch qui implique un rejet des deux formes paradigmatiques du pardon : le pardon théologique et le pardon non religieux, pour penser l’impossibilité de pardonner l’impardonnable – le mal absolu – en un acte qui transfigure les capacités de l’homme : l’homme qui pardonne devient « inhumain », une présence unheimlich parmi les hommes.

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Yves Charles Zarka, Le pardon de l’impardonnable. Derrida en question

La divergence entre Vladimir Jankélévitch et Jacques Derrida sur le pardon touche une question fondamentale : celle de l’impardonnable. Mais cette divergence n’a, en principe, pas du tout le statut d’une opposition entre deux doctrines hétérogènes, deux écoles et encore moins deux traditions. Nous tâchons de montrer dans cet article que Derrida ne peut à la fois rompre avec la condition, fût-elle minimale, d’une éthique pourtant hyperbolique, sans remettre en question le pardon lui-même. N’aurait-il pas mieux valu sortir de l’éthique hyperbolique du pardon, pour aller vers autre chose : peut-être une éthique sans pardon, « s’il y en a » bien entendu.

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Guillaume Fagniez, Wilhelm Dilthey et la recherche d’un concept historique de temps

La pensée de W. Dilthey est ici interrogée dans la perspective de sa contribution au dégagement des éléments principaux d’un concept historique de temps. Dans le contexte de son projet de fondation des sciences de l’esprit, Dilthey tente de reconquérir la réalité du temps – contre son idéalisation transcendantale – en le reconduisant à son origine dans la vie psychique. Mais ce foyer psychologique de la conception diltheyenne du temps lui barre l’accès à un concept de temps véritablement adapté à l’histoire. En envisageant le temps et l’histoire dans la perspective du présent et sur la base d’une anthropologie encore tributaire de la tradition moderne, Dilthey indique ainsi a contrario de possibles voies pour parvenir à un véritable concept historique de temps.

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Rudolf Boutet, La métaphysique en dialogue. Sur l’appropriation herméneutique de Platon par H.-G. Gadamer

Notre étude a pour objectif de lever un malentendu concernant l’appropriation herméneutique de la philosophie platonicienne par H.-G. Gadamer. On suggère couramment que la lecture que propose Gadamer du corpus platonicien, ou bien évacue son caractère métaphysique, en y privilégiant la mobilité du dialogue sur les thèses qui s’y développent, ou bien assimile l’aspect métaphysique du platonisme à l’oubli du langage que condamne la dernière partie de Vérité et Méthode. En réponse à ces deux grilles d’interprétation, nous proposons d’examiner les vues de Gadamer sur la métaphysique platonicienne du Beau, afin de mettre en lumière le lien positif qu’entretient l’herméneutique avec un certain aspect de la métaphysique de Platon et a fortiori avec la tradition métaphysique en général.

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Guy Petitdemange, Levinas. L’esprit, la lettre. Notes en marge de « Simone Weil contre la Bible » (1952)

Dans les années d’après-guerre, Simone Weil devint pour un temps une référence puissante. Camus lui-même en salua la force et l’actualité. Levinas prit lui aussi position dans un article bref, mais retentissant. Il y évoque la réflexion de Simone Weil en son entier, mais sur la base d’un seul point d’appui, sa lecture de la Bible, laquelle éclaire en partie une interprétation violente et injuste du judaïsme biblique. Ici la critique de Levinas n’empêche pas l’admiration. Et cette étude n’est pas le dernier mot du dialogue entre les deux philosophes.

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Dov B. Hercenberg, Complexité et invisibilité de l’être-ensemble. Des racines et d’un arbre à cernes

Une observation attentive de ce qui se passe à la base d’un arbre à cernes, entre tronc et racines est l’occasion d’une méditation sur le rapport entre unité et pluralité, complexité et invisibilité. Mais cette lecture n’est pas seulement l’occasion d’une démarche phénoménologique entre botanique et philosophie. Elle amène à s’interroger sur ce qui dépasse la seule phénoménologie et la guide peut être dans cette réflexion qui n’est pas sans rappeler la problématique de l’arbre de la connaissance des premiers chapitres de la Genèse.

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Bulletin de Philosophie médiévale XVI

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Cahier 77-4 – Hiver 2014

Penser l’âme après Kant

Jean-Christophe Lemaitre, Penser l’âme après Kant

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Gilles Marmasse, Hegel et les paralogismes de la raison pure

L’article examine la lecture, par Hegel, de la critique kantienne de la métaphysique de l’âme et la conception hégélienne de l’âme comme « esprit-nature ». La question est de savoir ce que Hegel retient de la critique kantienne et en quoi, cependant, elle lui semble méthodologiquement inappropriée. Plus fondamentalement, il s’agit de saisir en quel sens les prédicats reconnus à l’âme dans la métaphysique dogmatique se trouvent « relevés » dans la conception hégélienne de l’esprit.

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Georg Wilhelm F. Hegel, Fragment sur la philosophie de l’esprit subjectif (1822-1825)

Ce fragment de Hegel contient une introduction générale à la philosophie de l’esprit et quelques développements sur le moment « anthropologique » de l’esprit subjectif. Il montre que l’esprit entretient avec la nature une relation « idéelle », établit en quel sens l’esprit subjectif peut être dit à la fois fini et infini et insiste sur l’unité du genre humain. S’agissant du moment anthropologique, il analyse en particulier les âges de la vie et la sensation.

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Jean-Christophe Lemaitre, La fonction poïétique de l’âme chez Schelling

Notre article porte sur l’usage que Schelling fait du concept d’âme, d’abord dans l’analyse des conditions de possibilité de la conscience de soi, où il implique de prendre en considération l’organicité du corps. Nous suivons ensuite l’anthropologie que constitue Schelling dans sa « philosophie intermédiaire », et en particulier dans Les âges du monde, où l’homme tient une place centrale dans le monde en raison de l’unité d’esprit et de nature qu’il constitue grâce à l’âme. Est alors attribuée à l’âme une fonction médiatrice, à comprendre comme un travail de production de soi et donnant lieu à une pensée de l’inconscient.

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Julien Farges, Le rôle du concept d’âme dans la fondation des sciences de l’esprit. Entre phénoménologie, néokantisme et philosophie de la vie

Le présent article se propose d’interroger un aspect du devenir post-kantien de la notion d’âme à partir du problème de la fondation philosophique des « sciences de l’esprit » (Geisteswissenschaften) et du débat qu’il suscita en Allemagne entre la phénoménologie naissante, le néokantisme de l’école de Bade et la pensée herméneutique de Dilthey. Il s’agit d’abord de reconstruire le débat qui oppose la fondation formelle (néokantienne) et la fondation matérielle (diltheyenne) des sciences de l’esprit pour faire apparaître son enjeu qui n’est autre que la difficile articulation des notions d’esprit et d’âme. Il est alors possible de se tourner vers la phénoménologie husserlienne pour montrer que l’originalité de la voie intermédiaire qu’elle trace entre fondation formelle et fondation matérielle tient largement à la façon dont elle réactive en contexte phénoménologique des déterminations essentielles du concept aristotélicien d’âme.

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Patrick Cerutti, Le soin de l’âme. Patocka et l’idéalisme allemand

L’essentiel des œuvres de Patočka et du dernier Foucault peut se lire à la lumière de la figure de Faust. Celle-ci éclaire en effet, au fil de ses variantes, ce qui oppose savoir de spiritualité et savoir de connaissance. Si l’on entend par spiritualité l’effort pour penser ensemble l’acte de connaissance et une transformation dans l’être du sujet, la légende faustienne illustre autant qu’elle questionne la pratique qui établit l’individu comme un être à même de se soucier de soi. Nous préciserons cette idée à partir d’un exemple, celui de l’idéalisme allemand, en nous demandant s’il a su prendre la mesure de cette dimension faustienne de la philosophie et chercherons à savoir si c’est effectivement « le souci du souci de soi » qui l’a mis en mouvement ou l’a conduit à rechercher les conditions d’une spiritualité moderne. Nous nous demanderons, pour le dire dans des termes plus proches de ceux de Patočka, si l’on peut déjà apercevoir dans le postkantisme quelque chose qui anticipe l’idée d’une vue intellectuelle rendue possible par le phénomène.

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Michel Bourdeau, L’idée d’ordre spontané ou le monde selon Hayek

L’idée d’ordre spontané occupe chez Hayek une place centrale, puisqu’il en fait le fondement à la fois de la science sociale et du libéralisme. Une première partie rappelle qu’il s’agit d’abord d’une notion épistémologique, nécessaire là où les phénomènes deviennent trop complexes pour qu’on puisse en dégager des lois. La seconde partie, qui traite de la théorie de la catallaxie, ou ordre spontané du marché, est centrée sur la notion de concurrence, conçue comme une procédure de découverte apportant une solution au problème posé par la division du savoir et assurant une coordination sans coordinateur. La dernière partie, qui examine les différents types d’intervention, permis ou proscrits, souligne combien le bon fonctionnement de cet ordre spontané dépend en fait de conditions juridiques qu’il est demandé à l’État d’imposer. La conclusion signale deux aspects problématiques de cette théorie.

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Bulletin de littérature hégélienne XXIV

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Bulletin de bibliographie spinoziste XXXVI

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