Auteur : Thomas Bellon
Andreas Gonçalves Lind & Nuno Ferro éd., « As Razões do Coração: Blaise Pascal (1623-1662) no 400.º Aniversário do seu Nascimento », Revista Portuguesa de Filosofia, 79, 4, 2023
As Razões do Coração (Les raisons du cœur) titre la Revista Portguesa Filosofia pour le quatre centième anniversaire de la naissance de Pascal. Le volume concentre un total de dix-sept études sur la pensée pascalienne issues d’horizons méthodologiques et de traditions disciplinaires diverses, ainsi que la traduction portugaise d’un texte de Jean-Luc Marion (« Ciò che vede il cuore. Pascal e la distinzione degli ordini ») présenté originairement à la Scuola della Cattedrale del Duomo de Milan en 2023. Cet imposant volume anniversaire est divisé en quatre sections. La première – « Estudos sobre Pascal » – réunit cinq articles consacrés à la genèse, à la réception et à l’influence historique de la pensée de Pascal. Elle s’ouvre sur une étude par Vincent Carraud (« Fausses fenêtres : Étienne Pascal et Étienne Noël, saint Augustin et Jean Duvergier de Hauranne ») de l’usage pascalien des antithèses dans la lettre d’avril 1648 au Révérend Père Noël, suggérant ainsi l’hypothèse fort intéressante d’une co-écriture d’Étienne et de Blaise Pascal dans laquelle la grammaire et l’éloquence sont mises au service d’un enseignement philosophico-théologique d’obédience cyranienne. Après Étienne Pascal et Saint-Cyran, Claudio Buccolini (« Les nombres parfaits chez Mersenne : des mystères pythagoriques à la science et à l’exégèses ») s’intéresse à la place de Mersenne et, à travers lui, de Pietro Bongo († 1601), sur la détermination mathématique et la signification exégétique des « nombres parfaits » au début du xviie siècle. Benoît Vermander (« Lecture de l’Écriture et écriture des Pensées ») propose une méditation sur le style des Pensées, inspirée de la poétique des Écritures. Aux termes d’une reconstruction historique de l’influence du « jansénisme » de Port-Royal sur Pascal, Nicolò Germano (« Rilegature gianseniste. Appunti su Pascal e il giansenismo ») soutient l’idée générale selon laquelle la recherche scientifique, comme la recherche de Dieu, s’inscrit dans une dialectique augustinienne entre effort humain et grâce divine. Enfin, Carmen Herrando Cugota, (« José Jiménez Lozano. Un lector español de Pascal ») examine la postérité de Pascal à partir de sa réception chez l’écrivain espagnol José Jiménez Lozano (1930-2020). La seconde section – « Antropologia de Pascal » – rassemble trois études sur l’anthropologie ou la science pascalienne de l’homme. Revenant brillamment sur « l’anthropologie de la grandeur et de la misère », Laurent Thirouin (« La grandeur de l’homme ») déconstruit l’image romantique, largement répandue encore, d’un pessimisme anthropologique pascalien, en insistant sur ce qui fait la véritable visée de la pensée religieuse de Pascal, à savoir : une promesse de joie. Poursuivant en ce sens, Denis Moreau (« Réflexions sur la stratégie apologétique dans le “pari” de Pascal ») examine le « gain » terrestre de la vie chrétienne présenté dans le fragment dit du « pari ». Enfin, sur la base d’une analogie entre vide physique et néant existentiel, Laurence Devillairs (« Pascal. Ni être ni néant : le vide de notre nature ») dresse une dramaturgie du vide censé désigner la condition de l’homme. La troisième section – « O Pensamento de Pascal além da Razão Moderna » – a pour thème l’idée d’une philosophie pascalienne conçue comme dépassement de la rationalité moderne. Lucie Lebreton (« Pascal, penseur du désordre ») éprouve ainsi les limites d’une compréhension de la pensée pascalienne commandée par les « trois ordres » considérés comme un principe structurant de « l’œuvre ». Matthew Clemons (« Pascal’s “Order of the Heart” in Phenomenological Value-Theory ») propose une compréhension de la « raison du cœur » inspirée des approches de la phénoménologie contemporaine de la valeur. En retraçant ses origines chez Montaigne, Gassendi et Descartes, Antony McKenna (« Le sentiment dans les Pensées de Pascal : son origine, ses fonctions, son statut ») défend l’idée d’une réduction, à visée apologétique, de la « foi humaine » (i. e. sans grâce) à un simple sentiment issu de l’éducation et de l’habitude, reflet de la corruption de la nature humaine. Chacun à sa manière, Marie-Jeanne Coutagne (« Pascal au-delà des contrariétés : silence et présence ») et Nuno Ferro (« O silêncio das coisas [outra vez…] e a solidão ») posent un regard contemporain et singulier sur les grands thèmes de la spiritualité pascalienne. Enfin, la quatrième et dernière section du volume réunit des études qui explorent le « cadre théologique » de Pascal – « Explorando o Enquadramento Teológico de Pascal ». La première (Jérôme de Gramont, « Le clair-obscur pascalien – de la Révélation au nihilisme ») interroge la nature paradoxale de la révélation divine à partir du Deus absconditus thématisé dans la lettre à Mlle de Roannez et du motif central de la figure dans les Pensées. Manuel Palma Ramrírez (« Descripción fenomenológica de la muerte de Cristo en los escritos de Blaise y Jacqueline Pascal ») dresse une biographie intellectuelle et spirituelle de Jacqueline Pascal. Sylvain Josset (« „Stammt alles vom Heiligen Geist“? ») réévalue le rôle que Pascal accorde au Saint-Esprit dans la conversion de l’homme comme dans sa christologie à partir d’un commentaire précis du fragment L XXVI/760 – S 629. Et enfin, Domenico Bosco (« Il “Scio cui credidi” pascaliano. Il senso di un sigillo ») restitue l’ensemble des raisons qui font de la christologie pascalienne ce que Vincent Carraud nomme ailleurs une « apologétique de la douceur ».
Thomas Bellon (Centre Granger, Aix-Marseille Université)
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Pour citer cet article : Andreas Gonçalves Lind & Nuno Ferro éd., « As Razões do Coração: Blaise Pascal (1623-1662) no 400.º Aniversário do seu Nascimento », Revista Portuguesa de Filosofia, 79, 4, 2023, in Bulletin cartésien LV, Archives de philosophie, tome 89/1, Janvier-Mars 2026, p. 155-202.
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Paolo Pagani, Alberto Peratoner & Gian Pietro Soliani éd., « Blaise Pascal (1623-1662). Metafisica, Scienza, Teologia », Rivista di filosofia neo-scolastica, année CXVI janvier-mars 2024, 234 p.
Avec ce volume anniversaire, la Rivista di filosofia neo-scolastica satisfait le vœu de voir la pensée de Pascal continuer de s’éclairer par ses sources et son contexte scolastique et humaniste, par sa situation métaphysique et ses engagements épistémologiques. Il va sans dire que cela n’enlève rien aux mérites des deux études qui portent attention à la réception contemporaine de Pascal dans le champ de la théologie ou de la littérature. La première est menée par Isabella Adinolfi (« La ripresa dei pensieri di Pascal sulla morte in M. Houellebecq e D.F. Wallace ») et montre, à partir d’une analyse comparative de l’usage que Michel Houellebecq et David Foster Wallace font de l’anthropologie pascalienne de la misère, comment la réflexion pascalienne sur la mort devient, chez ces auteurs, un instrument de stratégie littéraire et de mise en scène du rapport moderne à la finitude. La réception contemporaine de l’anthropologie pascalienne est encore examinée par Amerigo Barzaghi (« La svolta antropologica pascal nella teologia del Novecento ») qui montre comment la « stratégie » anthropologique de l’Apologie anticipe, d’une certaine manière, le « tournant anthropologique » de la théologie du xxe siècle, en particulier chez Edward Schillebeeckx et Karl Rahner. Pour ce qui regarde l’examen des sources scolastiques et humanistes de Pascal, Gian Pietro Soliani (« Duplex delectatio. Note sull’ermeneutica di Agostino tra Giansenio, Pascal e la Scolastica ») propose une étude du thème augustinien de la duplex delectatio à partir d’un examen de la conception pascalienne de la volonté humaine. Il est montré que la position de Jansénius sur la liberté d’indifférence, sans pour autant rendre compte de toute la complexité du rapport pascalien entre grâce et liberté, met en évidence une affinité souvent ignorée avec l’anthropologie de Molina, ouvrant ainsi une nouvelle lecture du dialogue entre augustiniens et molinistes. Manlio Antonio Forni (« Principi e forme del devertere da Montaigne a Pascal ») propose un examen comparatif de la diversion montanienne et du divertissement pascalien, éclairé à la lumière des difficultés herméneutiques posées par la traduction italienne du terme français de « divertissement ». En retraçant les usages de la notion de « subsistance » dans les fragments des Pensées consacrés aux prophéties, Igor Agostini (« Lessico e semantica della sussistenza in Pascal ») en révèle la signification biblique (plutôt que métaphysique). Les passages étudiés révèlent que, chez Pascal, la notion de subsistance ne désigne pas seulement la persistance, mais possède un sens historico-salvifique, lié à la permanence de l’Alliance et la continuité du testamentum à travers les générations et les épreuves. Sur le plan métaphysique, Alberto Peratoner (« Per un reale esistenziale. Tratteggi metafisici in Pascal ») suggère que, s’il n’existe pas chez Pascal de métaphysique systématique, on pourrait néanmoins reconnaître les linéaments d’une « métaphysique de la personne », articulée autour des trois ordres – corps, esprit et charité – et constitutive d’un certain réalisme existentiel. De son côté, Vincent Carraud (« Della diversità. Pascal, metafisica e nominalismo » interroge le rapport de Pascal à la métaphysique en trois temps, en montrant (a) sur la base de ses travaux antérieurs, que le désintérêt de Pascal vis-à-vis de la métaphysique est un désintérêt à l’égard d’une métaphysique cartésienne considérée comme achevée (« disinteresse per una riuscita ») ; (b) que les fragments sur la diversité ne visent pas à dériver l’unité de la ressemblance selon une thèse nominaliste radicale, mais portent ensemble une critique (cartésienne) des formes substantielles, i. e. contre l’idée que les choses ont une unité réelle et intrinsèque, indépendante de la pensée ; et (c) que du point du vue théologique, Pascal se détourne de l’assimilation dans la tradition métaphysique de Dieu à l’être, privilégiant ainsi la recherche d’une présence vis-à-vis d’une essence. Concernant l’épistémologie, Paolo Pagani (« Sulla epistemologia di Pascal. Note a margine della Lettera al Padre Noël ») propose une lecture linéaire de la méthodologie pascalienne de la lettre R. P. Noël du 29 octobre 1647, en regard avec la théorie du syllogisme scientifique des Seconds Analytiques d’une part et le falsificationnisme poppérien d’autre part. Enfin, Domenico Bosco, (« Tra un Dio perduto e un Dio nascosto. Pascal, apologetiche e libertinage nel Seicento ») retrace l’itinéraire interprétatif traditionnel d’un Pascal qui, face au libertinage et au scepticisme de son siècle, élabore une apologétique originale fondée sur la figure du Dieu caché : un Dieu qui se voile pour préserver la liberté humaine, se manifeste à ceux qui cherchent sincèrement, et se révèle au cœur de l’homme, à travers le Christ.
Thomas Bellon (Centre Granger, Aix-Marseille Université)
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Pour citer cet article : Paolo Pagani, Alberto Peratoner & Gian Pietro Soliani éd., « Blaise Pascal (1623-1662). Metafisica, Scienza, Teologia », Rivista di filosofia neo-scolastica, année CXVI janvier-mars 2024, 234 p., in Bulletin cartésien LV, Archives de philosophie, tome 89/1, Janvier-Mars 2026, p. 155-202.
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Société française de philosophie, « Pascal, lectures nouvelles », séance du 18 novembre 2023 avec H. Bouchilloux, V. Carraud, A. Frigo, S. Roux et L. Thirouin, Bulletin de la Société française de philosophie, 117e année, n° 4, 114 p.
Les Bulletins de la Société française de philosophie facilitent grandement la tâche du recenseur puisqu’on y retrouve, comme on le sait, après le texte de chaque intervention les remarques, critiques et interrogations relayées « en direct » par les éminents collègues présents dans l’assistance. La lecture de ce paratexte vivant et parfois piquant donnera une idée, dans le cas qui nous intéresse, de la qualité (dans l’ensemble remarquable) des communications partagées à l’occasion de la séance dédiée à Pascal en 2023.
En examinant le statut de l’expérience dans la physique du vide et les échanges avec Étienne Noël, Sophie Roux propose une relecture systématique de la philosophie de la science pascalienne en mettant en évidence à raison certaines tensions dans la position de Pascal (ce qui implique de réhabiliter quelque peu la position du R. P. Noël et ses objections, par-delà ses critiques par Pascal – ordinairement présenté dans l’historiographie établie comme le vainqueur éclatant de cette controverse). Cette étude a un grand mérite : examiner chacun des textes commis par Pascal à l’occasion des recherches sur le vide (les Expériences nouvelles, le Récit de la grande expérience et les Traités) en étant attentif aux écarts qui s’y jouent (même si on peut proposer d’autres interprétations de l’évolution de ses positions à travers ces textes).
Alberto Frigo propose une étude de l’honnêteté dans les Pensées. Après avoir rappelé les différentes modalités du rapport de Pascal à Montaigne, il montre comment le premier identifie et exploite une thèse présente chez le second au sujet du savoir (en particulier dans le chapitre « De l’institution des enfants »). « En sachant un peu de tout des sciences, et notamment en sachant, généralement, leur “prétention […] en général au service de notre vie”, Montaigne sait donc l’essentiel, car il sait comment les sciences s’accommodaient, ou non, aux besoins de la vie de l’homme » ; il pense « l’ancrage anthropologique de notre rapport aux sciences » (p. 35), et tel est le fondement de la réflexion de Pascal sur l’honnêteté. Mais « que Pascal revienne à Montaigne lorsqu’il s’agit d’aborder la doctrine de l’honnêteté, rien de plus banal […] car les théoriciens de l’honnêteté font de Montaigne un de leurs maîtres et modèle » (p. 36). En quoi Pascal se distingue-t-il alors ? Réponse : en identifiant « le ressort pour repenser l’honnête homme […], pour le penser proprement, c’est-à-dire pour penser le “savoir de l’honnêteté” dans son véritable fondement anthropologique, et non seulement comme un idéal de bienséance mondaine » (p. 36).
Laurent Thirouin propose une lecture d’une finesse exceptionnelle du célèbre fragment L 308 – S 339, qui poursuit d’un côté le travail de « démantèlement » des lectures emphatiques de ce texte (qui y voient l’expression d’une structure logique qui organiserait l’ensemble des fragments des Pensées), tout en approfondissant de l’autre la compréhension de la dimension « esthétique » de la réflexion pascalienne, dans une perspective qu’on peut rattacher à Hans Urs von Balthasar (on citera la soutenance de thèse de H. Kawakami en 2024, sur « Voir autre chose que ce que je vois : la vision chez Pascal » sous la direction de L. Thirouin, qui a le mérite de procéder à un relevé quantitatif méticuleux des occurrences et usages de « voir » chez Pascal). En un mot, les trois ordres sont à comprendre comme le lieu d’une méditation pascalienne sur ce que voir veut dire.
Dans un article d’une vaste érudition, Vincent Carraud s’intéresse à la Lettre de M. Pascal le père d’avril 1648 au Révérend Père Noël, de la Compagnie de Jésus, Recteur du Collège de Clermont. Ce travail croise l’article « Fausses fenêtres : Étienne Pascal et Étienne Noël, saint Augustin et Jean Duvergier de Hauranne » (Revista Portuguesa de Filosofia, 2023, 74, 4) et examine la leçon de grammaire qu’Étienne Pascal administre au jésuite dans cette lettre. Le fait problématique est le suivant : cette leçon porte sur l’usage de l’antithèse ; or celle-ci ne relève pas de la grammaire, mais de la rhétorique. Au terme de l’explication, il apparaît que « si grammaire il y a, ce n’est donc pas tant dans l’emploi d’une figure de rhétorique qui implique “pointe et subtilité”, que dans la discussion sur les principes et conditions d’emploi de l’antithèse » (p. 71) – c’est-à-dire en tant qu’il y va de ce qu’on pourrait nommer une théorie de l’usage de l’antithèse. L’article propose également des éléments pour identifier « l’excellentissime auteur de ce temps » mentionné dans la lettre à Saint-Cyran qui avait échappé à J. Mesnard dans son édition (OC II, p. 592), et suggère plus généralement que cette lettre est certainement le résultat d’une collaboration entre les Pascal, père et fils.
Enfin, Hélène Bouchilloux s’intéresse au fragment L 620/S 513 : « L’homme est visiblement fait pour penser. C’est toute sa dignité et tout son mérite, et tout son devoir est de penser comme il faut. Or l’ordre de la pensée est de commencer par soi et par son auteur et sa fin […] ». Il s’agit de montrer qu’il « s’y joue tout le rapport [de Pascal] à Descartes au sujet de la pensée et, quoique de manière plus discrète, le rapport à Platon sur la vocation de la philosophie » (p. 76-77). Le problème principal est le suivant : est-ce la pensée qui fait à proprement dire la grandeur de l’homme ? À partir de cette question, l’auteur soutient plusieurs thèses. Si pour Descartes « l’expérience que nous avons, durant toute cette vie, de l’étroite union entre les deux substances ne doit pas nous interdire d’assurer que Dieu peut les désunir et les faire exister l’une sans l’autre », « ce sont ces conséquences que Pascal n’est pas prêt à assumer » (p. 81). Une autre thèse est qu’on peut (ou doit ?) relire le divertissement à partir de cette problématique, car « le divertissement est proprement l’usage de la pensée par lequel l’être qui a la dignité de la pensée s’efforce par tous les moyens de ne pas penser » (p. 82).
Thomas Bellon (Centre Granger, Aix-Marseille Université)
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Pour citer cet article : Société française de philosophie, « Pascal, lectures nouvelles », séance du 18 novembre 2023 avec H. Bouchilloux, V. Carraud, A. Frigo, S. Roux et L. Thirouin, Bulletin de la Société française de philosophie, 117e année, n° 4, 114 p., in Bulletin cartésien LV, Archives de philosophie, tome 89/1, Janvier-Mars 2026, p. 155-202.